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Le prince Laurent joue à un jeu dangereux: la dernière proposition de son avocat énerve sérieusement le gouvernement

8 décembre 2017

Le prince Laurent attend toujours de savoir s'il sera sanctionné et va perdre une partie de sa dotation suite à sa rencontre avec des officiels chinois. Pour éviter ce genre de problème à l'avenir, son avocat a proposé à Charles Michel une clarification de la loi de 2013, consacrée aux dotations de la famille royale et aux règles de bonne conduite à respecter. Sauf qu'il va falloir convaincre le gouvernement et ça, ce n'est pas gagné...

La partie de cache-cache continue avec le prince Laurent. Pas au top physiquement, le frère du roi Philippe n'est plus apparu publiquement depuis plusieurs mois. Depuis, en fait, sa présence polémique lors d'une soirée avec des officiels chinois, qui pourrait (devrait?) lui faire perdre une partie de sa dotation. Encore faut-il qu'il rencontre le Premier ministre Charles Michel pour évoquer ce sujet, ce qui est impossible en raison de son état de santé.

Loi de 2013

En attendant, son avocat fait tout pour lui éviter une sanction ou un futur "dérapage": après son plaidoyer pour que le prince Laurent conserve sa dotation, il a envoyé un courrier à Charles Michel dans lequel il demande une clarification de la loi de 2013, explique le Soir. Cette loi détaille notamment ce que les membres de la famille royale doivent faire pour bénéficier de leur dotation, mais elle ne serait pas assez claire selon le prince Laurent et cela créée "une insécurité juridique".

Actuellement, les membres de la famille royale doivent prévenir le ministère des Affaires étrangères pour "tout projet de déplacement en dehors de l'Espace économique européen, public ou privé" ou pour "tout déplacement à l'étranger qui peut revêtir une signification politique, en particulier s'il comporte un contact avec les hautes autorités de l’État". L'avocat du prince Laurent fait plusieurs propositions pour clarifier cette loi, comme par exemple un système d'autorisations anticipatives (révocables à tout moment par le ministère ou qu'il soit possible de prévenir par mail le ministère au maximum 10 jours à l'avance en cas de déplacement à l'étranger.

Toute une série de mesures qui devraient permettre, logiquement, d'éviter le genre de situation dans laquelle le prince Laurent se retrouve selon son avocat, en clair.

La classe politique divisée

Sauf que ce ne sera pas facile pour l'avocat du prince Laurent de convaincre l'entièreté de la classe politique. Comme l'explique le Soir, le CdH et Défi sont totalement d'accord pour une clarification de la loi. Du côté du PS et d'Ecolo, on n'y est pas opposé non plus, même si on considère que cette loi donne pour l'instant satisfaction. "Si des aménagements ponctuels doivent être apportés au texte légal pour apporter certaines clarifications, nous sommes bien entendu prêts à en discuter", fait ainsi savoir le PS. Du côté du CD&V, de l'Open VLD ou du S.PA, on se retranche derrière l'avis du Premier ministre dans ce dossier: pas question de faire de vagues.

Le souci, c'est que le MR et la N-VA, les deux principaux partis de la suédoise, ne sont pas du tout chauds pour modifier la loi. "La loi est plus qu'assez claire: les contacts avec des autorités des États étrangers doivent d'abord avoir été notifiés au ministre des Affaires étrangères, et avant que celui-ci ait rendu cet avis, les contacts ne peuvent pas avoir lieu", balaye la N-VA. Au MR, le ton est même beaucoup plus ferme et on prévient le prince Laurent, qui semble être le seul membre de la famille royale à qui cette loi ne convient pas: "S'il persiste dans des communications provocantes, il pourrait provoquer un débat sur l'évaluation de la loi, pas pour lui donner plus d'espace, mais pour rendre la loi plus restrictive en matière de devoir de réserve, d'information au ministre et de moyen d'action..."

Le prince Laurent devrait d'ailleurs se méfier: "Il y a unanimité au gouvernement quant au ras-le-bol et à la volonté de sanction", fait savoir une source du MR au Soir. La demande de son avocat pour la loi de 2013 risque donc d'être un flop. Et le prince pourrait bien se prendre un sérieux retour de bâton...

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