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Avec "Les Derniers Jedi", Star Wars a encore réussi à nous étonner et nous en mettre plein la vue

13 décembre 2017

À bout de souffle, la saga Star Wars? Le huitième épisode qui sort aujourd'hui dans les salles belges et que nous avons eu la chance de voir en avant-première nous a prouvé que c'est tout le contraire. "Les Derniers Jedi" nous rappelle que l'univers de La Guerre des Étoiles est immense, constellé de mondes divers et d'histoires interminables. Pour notre plus grand plaisir.

Véritable course poursuite de deux heures au travers du cosmos, Les Derniers Jedi se regarde comme un action movie explosif qui ne s'autorise des pauses que pour mieux repartir. Tous les codes habituels de la saga Star Wars sont là et pourtant, c'est un regard tout nouveau qui se pose sur cet univers.

Découverte de nouvelles planètes, renforcement des personnages et introspection identitaire, ce huitième épisode est à la fois un retour aux sources et une plongée dans l'avenir qui se savoure avec plaisir.

Épisode 7

L'épisode 7 nous avait laissé sur une île froide et déserte, avec une Rey tentant de créer le contact avec Luke Skywalker en vieux défraîchi. Du côté de la résistance, la générale Léia tentait de fédérer ses troupes pour faire front au Premier Ordre, cette réminiscence militaire bâtie sur les cendres de l'Empire galactique. L'Empire galactique? L'organisation militaire totalitaire dont la figure de proue était incarnée par Dark Vador.

Dans les rangs de la résistance, se trouvaient également Poe et Finn, le premier étant pilote de chasseurs et l'autre un ancien Stormtrooper. Du côté des oppresseurs, on avait Kylo Ren, sorte de Jedi du mal qui avait mis son épée laser au service du suprême leader Snoke et qui s'était pris une jolie raclée de la part de Rey, pourtant novice en matière d'escrime laser. Avec, à leurs ordres, toujours cette armée à l'esthétique nazi chic de l'espace.

Introspection

L'épisode 8 repart de là: une opposition à priori manichéenne mais qui va s'avérer plus complexe que prévue. Oui, le Premier ordre constitue toujours la bande des méchants et la Résistance est encore drapée des voiles des Chevaliers blancs.

Mais quelques jolies pirouettes scénaristiques en arrivent à questionner cette guerre éternelle. Dure tâche qui attendait là Rian Johnson et qu'il a accompli avec brio. Le réalisateur s'est attelé à poursuivre ce questionnement qui traverse les différents épisodes de la saga. La lutte intérieure entre le Bien et le Mal, qui fait écho à cette lutte plus spatiale entre les différentes factions interplanétaires, est une sorte de fil rouge à la Guerre des étoiles. Que ce soit Luke, Anakin ou même Obi-Wan, chaque personnage a, un moment ou l'autre, été pris dans cette oscillation entre les deux pôles de la force.

Esthétique

Cette équilibre fragile est habilement mis en image par des scènes hautement esthétisées, parfois presque cartoonesques. Certaines scènes offrent le plaisir de se retrouver dans une dimension mythifiée, où la résidence du Mal incarné a des allures de demeure de l'enfer. C'est jouissif et intense.

Pour les amoureux de l'image, ce travail de photographie se poursuit dans l'exploration d'autres planètes aux caractéristiques presque terrestres et pourtant bien différentes de notre petit globe. Avec comme il se doit: des aéronefs stylés, des animaux fantastiques et des énergumènes biscornus. D'ailleurs, peut-il en être autrement dans un univers aussi étendu et sans frontières?

Deus Ex Machina

Là où peut-être le film révèle ses faiblesses, ce n'est pas dans la surenchère de combats - lasers fusant de toute part et explosions à gogo - mais dans l'abus des Deus Ex Machina. La divinité sauvant les protagonistes étant pour le coup un hasard très opportun qui survient toujours dans le décompte final qui aurait dû précéder leur mort. Mais sans doute est-là le lot des superproductions hollywoodiennes, réalisées à base de scènes abusivement spectaculaires dont la résolution ne peut s’embarrasser de situations complexes.

Star Wars, dont le succès commercial est devenu un cas d'école pour les promoteurs de blockbuster, est clairement dans cette case là: un film grand public où la violence n'est plus choquante tant elle relève de l'opéra. Un hymne à la guerre qui ne terrifie personne car il se résume depuis 40 ans à l'entrechoc magistral de personnages assurément les plus classieux de la galaxie. Après 7 épisodes, des séries, des bandes dessinées, des épisodes connexes dont on ne sait plus s'ils sont des prequels, des sequels ou juste une saillie dans le paracosms de George Lucas, on aurait pu s'attendre à du réchauffé. Et pourtant, Rian Johnson s'est bien accaparé l'héritage de la saga et il est finalement parvenu à nous surprendre avec Les Derniers Jedi. La Force n'est pas morte au final.

En attendant de le (re)voir, voici la bande-annonce:

Déjà lu?

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