Pour le moment, le Belge ne peut pas encore mourir quand il veut

14 décembre 2017

Peut-on accompagner dans la mort des personnes qui pensent que leur vie est finie? Aux Pays-Bas, le débat est déjà bien avancé et dans l'accord de coalition, il est prévu qu'une enquête soit menée. SI Mark Rutte n'avait pas eu besoin de la ChristeUnie pour former son cabinet, ils auraient sans doute déjà travaillé sur une loi. Chez nous, il ne faut pas se faire d'illusion: l'euthanasie pour les personnes qui veulent arrêter de vivre ne serait pas une option selon un nouvel avis du Comité consultatif de bioéthique.

Le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique ne laisse aucun doute à ce sujet: l'euthanasie n'est et ne peut jamais devenir la réponse. C'est ce qu'on peut comprendre à la lecture du nouvel avis que le Comité a récemment rendu. Parce que ces trois conditions essentielles doivent être remplies. Premièrement "la demande doit être volontaire, réfléchie et réitérée, formulée indépendamment de toute pression extérieure; cette demande doit émaner d’un patient compétent. Deuxièmement, le patient doit faire état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée. Et enfin, le patient doit se trouver dans une situation médicale sans issue, et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable."

"La société doit offrir d'autres réponses lorsque les gens ont l'impression que leur vie n'est plus utile ou qu'ils voient mourir leurs contemporains un par un" affirme le psychiatre Paul Cosyns, vice-président du Comité.

Le conseil s'est exprimé sur la question à la demande de l'ancienne ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS) et le résultat a été délivré cette semaine par Maggie De Block (Open VLD).

La population pense autrement

Mais apparemment, le Comité irait à l'encontre de ce que pense la population. Il n'y a pas de chiffres précis pour notre pays, mais des enquêtes menées au Pays-Bas par exemple montrent qu'une vaste majorité de citoyens pensent que si les personnes estiment qu'ils ont eu une bonne vie et qu'elle est terminée, ils doivent recevoir une aide pour mettre fin à cette vie.

Pas moins de 77 % des Hollandais le pensent. Une majorité (58%) pense qu'il doit y avoir un âge minimum. L'âge minimum moyen qu'ils ont en tête est de 68 ans. Plus de 70 % d'entre eux pensent aussi qu'ils veulent avoir la possibilité de mettre fin à leurs jours au moment où ils estiment avoir fini leur vie.

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