© EPA

La nouvelle idée d'Elio Di Rupo: permettre aux communes de contrôler la production et la vente de cannabis

11 janvier 2018

Elio Di Rupo souhaite s'inspirer du modèle néerlandais en permettant aux communes de superviser la production de cannabis, qu'elles distribueront ensuite. Le président du PS espère aussi toujours ouvrir un Cannabis Social Club à Mons. Mais le chemin est encore long dans ces deux dossiers.

Rendre moins floue la législation sur le cannabis est un thème récurrent chez Elio Di Rupo. L'ancien Premier ministre a déjà évoqué la possibilité de dépénaliser un jour cette drogue douce en Belgique par le passé. Depuis, il a revu sa copie et propose des solutions alternatives, qui permettraient d'y aller... en douceur dans ce dossier.

Comme aux Pays-Bas

Mais pas sûr que sa dernière suggestion, relayée dans les journaux de Sudpresse, remporte l'adhésion de tous. A l'image de ce qui se fait aux Pays-Bas, le président du PS souhaiterait placer la production et la distribution du cannabis sous le contrôle des communes.

Chez nos voisins du Nord, la production de cannabis est désormais encadrée par les autorités (et soumise à l'impôt, histoire de rapporter de l'argent, il ne faut pas déconner), qui assurent également la distribution. Ce dispositif a été mis en place notamment pour contrer les mafias qui contrôlaient ce marché.

Selon Sudpresse, Elio Du Rupo souhaiterait qu'à l'avenir, les communes puissent distribuer du cannabis dans des points de vente. Ce cannabis serait produit par des producteurs triés sur le volet et surveillés par les autorités.

Cannabis Social Club

Un projet qui semble plutôt difficile à mettre en place pour l'instant. Déjà car la majorité MR/N-VA est opposée pour l'instant à l'idée de dépénaliser le cannabis en Belgique. Pour tenter de convaincre les autres partis, Elio Di Rupo espère pouvoir mettre en place un Cannabis Social Club à Mons. Mais là-aussi, ce projet a déjà été évoqué plusieurs fois dans le passé, en vain.

"Ce n’est pas un coffee-shop où on fumera tranquillement son joint", prévient Di Rupo, qui veut croire en ce projet. "Le processus va être long, nous nous sommes entourés de toute une série d’experts médicaux pour constituer notre projet." Le président du PS tacle au passage la gestion du gouvernement face au cannabis: "Il y a une augmentation de la consommation selon les experts, tandis que la dépendance ne diminue pas. Le gouvernement fédéral ne fait rien sur le domaine, je constate par exemple qu’aucune campagne de prévention n’a été menée ces dernières années, contrairement à celles menées pour l’alcool ou le tabac".

Le projet de Cannabis Social Club sera à nouveau étudié en avril-mai à Mons, avant qu'il n'atterrisse, peut-être, sur le bureau de la ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD). Sudpresse précise toutefois qu'il semble difficile d'imaginer qu'il puisse être mis en place avant 2019 et le changement de législature. Désolé pour les fumeurs de cannabis de la cité du Doudou qui s'imaginaient peut-être fumer leur joint en toute légalité...

Déjà lu?

Déjà lu?