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La N-VA a encore gagné: la sortie du nucléaire figure bien au programme, mais ne sera pas discutée avant 2019

16 janvier 2018

La fermeture des centrales nucléaires va encore se faire attendre. Car le gouvernement a décidé de ne pas décider: cela se fera d'ici 2019. Autrement dit, avec un gouvernement tout neuf. En bref, la N-VA a réussi à obtenir ce qu'elle voulait. Pendant ce temps, les ministres de l’Énergie ont l'occasion de prouver que la fermeture de ces centrales est une réelle nécessité. 

Il y a un bel et bien un accord concernant la sortie du nucléaire: un accord sur le fait de ne pas être d'accord. En effet, le gouvernement s'est accordé sur la fermeture des centrales nucléaires, mais rien ne sera décidé avant 2019. C'est en tout cas ce que l'on peut lire dans De Standaard ce mardi matin.

C'est exactement ce qu'avait proposé Bart De Wever (N-VA) fin décembre 2017. Mais à l'époque il s'était confronté à des réactions féroces de ses camarades du gouvernement. Jan Jambon, vice-premier ministre de la N-VA, a de nouveau abordé cette solution le week-end dernier, et cette fois-ci, il a le soutien des partenaires de coalition. Jan Jambon a joué le coup intelligemment et a bien vendu le truc en parlant de "monitoring".

Ouvertes jusque 2025 ou fermeture en 2035?

Ce dossier de la fin du nucléaire a provoqué de vives tensions au sein du gouvernement, la N-VA étant diamétralement opposée à l'Open Vld et au MR. Les ministres libéraux Bart Tommelein (Open Vld), Marie-Christine Marghem (MR) et Jean-Luc Crucke (MR) veulent fermer les trois centrales comme la loi de sortie du nucléaire le prévoit. Mais de son côté, la N-VA veut maintenant deux centrales ouvertes jusque 2035 pour garantir l'approvisionnement en électricité. Ils le font principalement à la demande des grandes industries du bassin du port d'Anvers.

Le compromis qui est en train d'être mis en place signifierait que cette sortie du nucléaire continue à s'appliquer, mais elle sera de nouveau soumise à une évaluation rigoureuse en 2019. En bref, la sécurité d'approvisionnement, la sécurité, la durabilité et l'accessibilité des centrales doivent être analysées. Et si cela ne s'avère pas possible, les centrales devraient encore rester ouvertes. Dans tous les cas, cela se décidera en 2019, après les élections fédérales, avec un gouvernement tout neuf.

Pas de décision finale: c'est exactement ce que voulait la N-VA. Mais en même temps, la bande à Bart Tommelein a aussi ce qu'elle voulait: le processus de fermeture des centrales se poursuit petit à petit. En 2019, il faudra convaincre tout le monde que la sortie pourra bel et bien se faire en 2025. Cela signifie que des centrales électriques au gaz vont devoir être construites ainsi que de nouveaux parcs éoliens. Ces centrales à gaz vont devenir essentielles vu que les centrales nucléaires vont fermer dans tous les cas. Ces nouvelles usines vont d'ailleurs sans doute profiter d'énormément de subsides.

Le Premier ministre "s'écrase"

Du côté d'Ecolo et Groen, ce report de la décision "est le pire scénario possible". Tant sur la sécurité que celui de l'approvisionnement selon Jean-Macr Nollet, chef de groupe Ecolo à la Chambre. "Rappelons à cet égard que la Belgique détient le triste record du nombre de jours d'indisponibilité de ses centrales pour des raisons imprévues!", ajoute-t-il.

Patrick Dupriez, coprésident d'Ecolo y voit un nouveau signe de faiblesse du Premier ministre: "Il s'écrase à nouveau platement devant la N-VA... le jour anniversaire des 15 ans du vote de la loi de sortie du nucléaire. Que de temps perdu en tergiversations!"

"En reportant la décision, le Gouvernement envoie un signal extrêmement négatif à tous ceux qui veulent investir, et ils sont nombreux, dans une transition énergétique durable", poursuit le coprésident. Ecolo et Groen se joignent pour "appeler les partis de la majorité à respecter la loi".

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