Les Britanniques souffrent plus qu'on ne le pense avec le Brexit, épingle un rapport confidentiel

30 janvier 2018

“EU Exit Analysis – Cross Whitehall Briefing” est un rapport que le gouvernement britannique a rédigé sur les revers économiques auquel il doit s'attendre avec le Brexit. Le rapport, écrit ce mois-ci, passe en revue les trois scénarios les plus probables. Il en ressort que le pays va perdre beaucoup d'économies.

Le Brexit va en tout cas ralentir la croissance économique du Royaume-Uni durant les 15 premières années qui suivront sa sortie. L'UE et les Britanniques négocient depuis des mois sur les termes du Brexit. En mars 2019, un accord devrait être ratifié par tous les parlements de l'UE. Cela signifie qu'un accord devrait être trouvé d'ici octobre 2018 au plus tard.

Dans le meilleur scénario possible, si le Royaume-Uni continue de faire partie du marché intérieur européen, l'économie connaîtra une croissance de 2% inférieure à ce qui a été prévu pour les 15 prochaines années. Mais ce scénario n'est pas vraiment réaliste.

Si les Britanniques concluent un accord de libre-échange avec l'UE, la croissance serait 5% inférieure aux prévisions, estime le rapport. Si aucun accord commercial n'est conclu, ce serait même 8% de moins. Dans les trois scénarios, le recul économique s'applique à tous les secteurs et à toutes les régions. Les régions les plus touchées seraient le Nord-Est, les Midlands de l'Ouest et l'Irlande du Nord.

Déjà plusieurs milliards

Le ministre en charge du Brexit David Davis a refusé de répondre au rapport divulgué. Un porte-parole du gouvernement a également refusé de répondre.

La semaine passé, le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney a déjà annoncé que le choix de la population britannique d'opter pour un Brexit avait jusqu'à présent coûté des dizaines de milliards de livres à l'économie.

Carney a révélé que l'économie britannique était maintenant 1% inférieure à ce que la Banque d'Angleterre avait prévu en juin 2016, avant le référendum sur le Brexit. Selon le président de la Banque centrale européenne, c'est parce que le Royaume-Uni ne peut pas bénéficier pleinement des développements économiques favorables ailleurs dans le monde à cause de l'incertitude qui entoure encore sa sortie de l'UE.

Tempo

Dans l'ensemble, depuis le référendum, le pays a gagné 40 milliards de livres de moins que si le Brexit n'avait pas eu lieu, épingle M. Carney.

Il souligne que c'est deux fois le montant que le Royaume-Uni, selon les partisans du Brexit, économiserait annuellement en ne versant plus leur contribution à l'UE.

Les derniers chiffres soulignent d'ailleurs que l'économie britannique ne suit pas celle de nombreux autres grands pays, tels que l'Allemagne et les États-Unis.

En 2017, la croissance a été réduite à 1,8% et le rythme n'a jamais été aussi bas en cinq ans. Ceci alors qu'en 2016, le pays figurait toujours parmi les économies développées les plus dynamiques au monde.

Aucune amélioration

Quant à l'année 2018, il ne faut s'attendre à y voir beaucoup d'amélioration. Les économistes supposent que la croissance faiblira encore cette année de 1,4%.

Le pouvoir d'achat des consommateurs est encore fortement affecté par la baisse de la valeur de la livre sterling, baisse qui a rendu les produits importés beaucoup plus chers en peu de temps. Pour l'instant, les entreprises préfèrent repousser les investissements jusqu'à ce qu'il soit vraiment clair de à quoi ressemblera le Brexit.

Lundi, il est devenu clair que les négociations sur la période de transition après le Brexit allaient enfin commencer. Les ministres européens des affaires européennes ont enfin établi le mandat de leur négociateur Michel Barnier.

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