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Pour Trump, le FBI n'a pas pu empêcher la fusillade en Floride parce qu'il passe "trop de temps" sur le dossier russe

18 février 2018

Donald Trump a encore fait du grand Donald Trump. Le président américain vient d'accuser, sur Twitter, le FBI de ne pas avoir pu prévenir la fusillade dans l'école de Floride. Et pour justifier ce faux-pas (ou détourner l'attention?), il argue que les agents passent "trop de temps" dans le dossier russe. Et tout cela dans un contexte où Trump est déjà sévèrement critiqué pour être passé à côté du débat sur le port d'armes dans son discours en réaction à la tuerie.

Les États-Unis ont vécu ce mercredi la fusillade dans une école la plus meurtrière depuis 2012. Nikolas Cruz, un ancien étudiant de 19 ans, a fait irruption en pleine après-midi dans le lycée de Marjory Stoneman Douglas à Parkland en Floride et tiré sur les élèves et professeurs. Le bilan est lourd: 17 personnes sont décédées et une dizaine d'autres ont été blessées.

Pourtant, l'auteur était déjà connu pour être perturbé psychologiquement et un peu trop fan des armes. Il avait posté plusieurs messages inquiétants sur les réseaux sociaux, dont une vidéo sur YouTube dans laquelle il se vantait vouloir devenir "un professionnel de la tuerie en milieu scolaire". Membre de la République de Floride, un groupuscule d'extrême droite, il prônait également la supériorité de la race blanche, tout en montrant ouvertement son dégoût pour les Juifs ainsi que les femmes. Des informations qui avaient été envoyées au FBI le 5 janvier dernier et qui devaient être étudiées par une section locale à Miami. Mais l'enquête n'a jamais abouti, alors qu'elle aurait sans doute pu empêcher Nikolas Cruz de passer à l'acte.

"Ils passent trop de temps à essayer de prouver la collusion russe"

Un grave faux-pas que Donald Trump n'a pas manqué de pointer du doigt et de justifier... à sa manière. "C'est très triste que le FBI ait raté tous les signalements sur le tireur de l'école de Floride qui lui ont été envoyés. Ce n'est pas acceptable. Ils passent trop de temps à essayer de prouver la collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Trump - il n'y a pas de collusion", a-t-il donné ce matin sa version des faits, comme à son habitude dans un message posté sur son compte Twitter.

Une façon bien à lui de détourner l'attention sur l'enquête russe qui avance à grands pas. Car l'affaire a pris un nouveau tournant ce vendredi suite à la mise en examen de 13 ressortissants et trois entités russes. Tous auraient influencé les élections présidentielles de 2016 en créant de faux profils de citoyens américains sur les réseaux sociaux et en organisant des manifestations de toutes pièces. Leur opération a débuté en 2014, mais n'a réellement été mise en place que lors des primaires américaines. Des faits que le président américain a immédiatement contesté et s'en défend toujours. "Revenons aux bases et soyons fiers tous ensemble!", a-t-il d'ailleurs ponctué son tweet.

Quelques heures après la fusillade, Donald Trump avait déjà été fortement critiqué pour avoir omis d'évoquer le problème des armes dans son speech de condoléances. Ce samedi encore, il était la guest star des débats d'un rassemblement contre les armes qui se tenait à Fort Lauderdale. L'une des rescapés présents, Emma Gonzalez, y a particulièrement marqué les esprits avec son discours fustigeant le fait que Trump ait reçu un important soutien financier de la National Rifle Association (NRA), principal lobby des armes du pays, pour sa campagne présidentielle. "À tous les hommes politiques ayant reçu des dons de la NRA, Honte à vous", a-t-elle clamé haut et fort, du haut de ses 18 ans.

Pas sûr donc que l'argument de Trump passe auprès des victimes et familles endeuillées...

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