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Tiens, revoilà Yvan Mayeur: son porte-parole était un salarié de GIAL mais n'y a jamais bossé

19 février 2018

Les affaires du Samusocial et de Vivaqua s'éloignent petit à petit de l'actualité belge. Yvan Mayeur se croyait donc tranquille. Raté. Ce lundi, de nouvelles révélations concernant le dossier de GIAL sont sorties. C'est plutôt embarrassant pour l'ancien bourgmestre de Bruxelles: son porte-parole était salarié chez GIAL alors qu'il n'y travaillait pas le moins du monde. 

Yvan Mayeur vient tout juste de se remettre de son été 2017 cauchemardesque où il était au coeur des scandales touchant le Samusocial et Vivaqua. Plusieurs mois plus tard, son nom est de nouveau cité mais cette fois-ci dans le dossier GIAL.

Pour vite replanter le décor, l'ASBL chargée de gérer le parc informatique bruxellois a engagé et payé un consultant, Michel Leroy, 1.000 euros par jour et ce pendant 18 ans. Ce n'est pas tout, l'ASBL est gérée n'importe comment: de l'argent disparait on ne sait où, des clients comme la police de Bruxelles-Ixelles ne recevront jamais les ordinateurs qu'ils ont pourtant payé et une facture de 400.000 euros a été retrouvée pour la location d'un appartement à Paris.

En plus de tout ça, la RTBF apporte ce lundi de nouveaux éléments: le porte-parole de l'ancien bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur était un salarié de GIAL. Le problème, c'est qu'il ne travaillait pas vraiment pour l'ASBL.

Salarié à GIAL ou à la Ville de Bruxelles?

C'est en février 2015 que Fabrice Voogt est nommé par le conseil d'administration de GIAL en tant que "responsable de la Cellule Communication de Ville de Bruxelles". Dans les faits, Voogt ne travaillera jamais à l'ASBL. Il occupera en fait le poste de manager de la communication externe et interne d'Yvan Mayeur et de la majorité. Pendant 2 ans, il a été le contact principal des journalistes voulant obtenir des informations sur des dossiers concernant la capitale. Comme par exemple celui du piétonnier ou des attentats de mars 2015.

À l'époque, l'entièreté du CA de GIAL vote pour l'engagement de Fabrice Voogt. Seul un membre s'abstient: Dider Wauters (cdH). "À l'ordre du jour de ce fameux conseil d'administration, n'était indiqué que l'intitulé 'engagements divers'. Ce n'est que lors de la séance que nous avons obtenu des informations plus précises", se remémore Wauters pour la RTBF.

"Je demande alors des explications. Le président de GIAL et le directeur général de l'époque nous rassurent en nous disant que GIAL s'occupe justement de la digitalisation de la Ville de Bruxelles. Mais pour moi, il n'est pas normal que GIAL prenne sur son payroll un collaborateur qui va se charger de la communication de la majorité. Cet engagement doit se faire au niveau de la Ville de Bruxelles. À la fin des débats, je ne suis toujours pas rassuré, je ressens un malaise et je décide de m'abstenir. Une abstention en signe d'opposition en fait" continue-t-il. Fabrice Voogt, lui, est resté muet face aux sollicitations de la RTBF.

Défense de GIAL

Contacté par la RTBF, le président de GIAL Mohamed Ouriaghli donne des explications: "M. Voogt a été engagé pour créer la nouvelle Cellule communication de la Ville de Bruxelles et le nouveau site Internet de la Ville de Bruxelles, géré par GIAL", précise-t-il. "Oui, il était en charge de la Cellule communication, qui dépend du service Organisation sous la tutelle du bourgmestre. Mais Fabrice Voogt faisait constamment l'interface entre la Ville et GIAL", poursuit-il.

Il défend cette décision en invoquant un changement d'organisation au sein de GIAL: "Lors de la création de GIAL, nous avons externalisé le département informatique de la Ville. Depuis quelques années, nous internalisons de plus en plus et travaillons sur un nouveau modèle en phase avec nos engagements en matière de bonne gouvernance."

Il ne manque plus que la version des faits de Fabrice Voogt lui-même ainsi que son réel employeur: Yvan Mayeur. En tout cas le récent communiqué (voir tweet ci-contre) de Karine Lalieux, ancienne présidente de GIAL, semble bien rigolo à la vue de ces nouveaux éléments.

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