© Facebook/Pascale Peraïta

Plus de 100.000 euros chacun: voilà ce qu'Yvan Mayeur et Pascale Peraïta devront sans doute rembourser au Samusocial

21 février 2018

Comme attendu, Yvan Mayeur et Pascale Peraïta vont très certainement devoir rendre l'argent qu'ils ont grassement perçu en jetons de présence au Samusocial. Ce mercredi, la commission d'enquête chargée de faire la lumière dans ce dossier a remis un rapport pointant 30 recommandations. Dedans, on y trouve, entre autres, l'obligation pour les deux ex-chefs de l'ASBL bruxelloise d'aide aux sans-abri de rembourser chacun plus de 100.000 euros.

Depuis l'été, une commission d'enquête spécialement nommée au sein du Parlement bruxellois travaille à démêler l'épineux dossier du Samusocial. Elle n'a pas chômé: entre le 27 juin et le 24 octobre, 35 témoins ont été entendus au cours de 98 heures de réunion. Après ces auditions, l'heure est maintenant aux recommandations, pour tenter de recoller les pots cassés.

Le bureau de la commission d’enquête a donc présenté ce mercredi matin un rapport, long d'une centaine de pages, pointant tous les abus et dérives qui ont eu lieu au sein de l'ASBL ces dix dernières années, tout en proposant des pistes d'amélioration pour l'avenir. Même s'il n'est qu'à l'état de projet, le texte a déjà été soutenu à l'unanimité par les représentants des groupes du Parlement bruxellois qui font partie de la commission d'enquête.

Manque de contrôle, irrégularités, conflits d'intérêt...

Le document épingle, tout d'abord, un certain nombre de lacunes dans la structure interne de l’ASBL d'hébergement et d'aide aux sans-abri. Il dénonce également un cruel manque de contrôle des pouvoirs subsidants (soit la Commission Communautaire Commune de Bruxelles) et des relations troubles entre la Ville et le Samusocial. Manque de transparence, absence de réactions de la part de la Commission Communautaire Commune de Bruxelles, coups de freins au sein même du gouvernement bruxellois (plus précisément des cabinets de Rudi Vervoort et de Pascal Smet) à l'élaboration d'un contrat de gestion pour réguler la situation, irrégularités, conflits d'intérêt... Le rapport est accablant pour la Ville.

Mais il l'est tout autant pour les principaux intéressés dans cette affaire: Yvan Mayeur et Pascale Peraïta, respectivement ex-bourgmestre de la Ville de Bruxelles et ex-présidente du CPAS et de Bruxelles et tous deux ex-administrateurs du Samusocial. Car, pour rappel, ils ont logiquement démissionné de leur poste, éclaboussés par le scandale autour des montants qu'ils ont perçus en jetons de présence pour des réunions fictives pendant de nombreuses années.

30 recommandations

Et sur ce point, le rapport est on ne peut plus clair: les jetons de présence indûment touchés devront être remboursés. Ce qui fait, au total, 346.360 euros à répartir entre les 12 administrateurs et membres du bureau. Pour Pascale Peraïta, l'ardoise s'élève à 113.400 euros, et pour Yvan Mayeur 112.980 euros. Soit la somme précise qu'ils ont touchée injustement en jetons de présence. Autant dire qu'il va falloir commencer à épargner au plus vite.

Parmi les 30 recommandations que prône le texte pour mieux contrôler l'ASBL, un point exige également que le statut des administrateurs soit modifié et que les mandants ne soient plus rémunérés. D'autres demandent de mettre en place une comptabilité complète, un plan de gestion annuel, un système de contrôle interne et un inventaire clair des dons en nature. Un autre encore propose qu'il ne soit à l'avenir plus possible pour une commune de subsidier une ASBL dont le bourgmestre ou un échevin est membre, pour éviter tout conflit d'intérêt.

Ce ne serait, en tout cas, pas du luxe pour redorer l'image du Samusocial et recréer un brin de confiance entre le politique et le citoyen...

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