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Le rapport sur le coût de la sortie du nucléaire ne résout rien du tout: la N-VA ne veut toujours pas fermer les centrales

23 février 2018

"Je n'approuverai jamais un pacte énergétique sans la fermeture des centrales nucléaires" explique Bart Tommelein (Open Vld), ministre flamand de l'Énergie. "Le prix de la fermeture est maintenant fixé: 900 millions" répète la N-VA. Les nouveaux rapports sur la fermeture des centrales n'ont donc pas vraiment mis fin à la guerre du pacte énergétique. Reste à voir une chose: comment Charles Michel (MR) va-t-il réussir à faire un compromis cette fois-ci? 

On dirait bien que la tâche de la ministre de l'Énergie Marie-Christine Marghem (MR) se complique de jour en jour: ce sont maintenant ses partenaires de la majorité qui sont agacés. Depuis que les rapports sur la sortie du nucléaire, qui statuent sur la construction de nouvelles centrales au gaz et sur les coûts réels de la fermeture des centrales nucléaires, la N-VA et l'Open Vld sont de nouveau remontés comme des coucous.

Pour faire court, la N-VA ne veut pas du tout de la fermeture totale des centrales nucléaires: pour le parti, deux centrales doivent rester ouvertes. Le parti de Bart De Wever est d'ailleurs soutenu par la grande industrie, et notamment par le port d'Anvers. Leurs préoccupations? Les conséquences sur le coût de l'énergie après fermeture et la sécurité de l'approvisionnement. De l'autre côté, l'Open Vld et son ministre flamand de l'Énergie Bart Tommelein, qui lui est drastiquement opposé à un pacte énergétique sans fermeture de la totalité des centrales nucléaires.

La N-VA avait demandé des précisions quant au coût exact que représente la fermeture de toutes les centrales. Deux rapports sont sortis hier: un premier de Johan Albrecht et un deuxième du Bureau du Plan. Ces rapports sont une succession de chiffres, mais ne donnent apparemment pas une réponse claire.

Les prix pour les entreprises augmentent considérablement

Mercredi, Marghem criait dans toute la presse que la sortie du nucléaire ne reviendrait qu'à 15 euros par ménage par an hors TVA. Ce coût correspond à la fermeture des centrales et le remplacement de celles-ci par 9 centrales au gaz. Mais à la publication du rapport, la N-VA a immédiatement pointé les 900 millions annuels que cette sortie pourrait représenter. Tout ceci, dans l'hypothèse où les centrales au gaz seraient performantes et que le coût du gaz n'augmente pas.

Le coût de ces changements sera le plus conséquent pour les grands acteurs industriels et c'est pour cette raison que la N-VA est formellement opposée au projet de pacte. Pour Bart De Wever, l'augmentation substantielle du coût de l'énergie pourrait affecter la position concurrentielle d'entreprises telles que BASF. Et il fera tout ce qu'il faut pour protéger "ses" entreprises portuaires anversoises contre de telles augmentations.

Mais dans les faits, cela ne change pas profondément le débat politique qui existe au sein du gouvernement Michel. Parce que la question principale reste: veulent-ils oui ou non d'une fermeture des centrales? La N-VA est maintenant sous la pression de Marghem, mais les nationalistes ne risquent quand même pas de se décider tout de suite.

À la Chambre, le premier ministre ne s'est donc pas trop aventuré dans le débat. Il a parlé d'un accord potentiel avant la fin de l'année, ce qui laisse encore pas mal de temps.

Tommelein est clair: "Pas de pacte énergétique sans fermeture des centrales"

Hier, sur Radio 1, Bart Tommelein a de nouveau exprimé clairement son point de vue:" Ne pas fermer les centrales signifie qu'on va saper la base pour le développement de l'énergie verte, et cela a aussi un prix."

La position du ministre flamand laisse peu de place à la négociation. Pourtant une solution semble évidente: une fermeture conditionnelle. Mais de nombreux doutes persistent, puisqu'en 2019 nous aurons un nouveau gouvernement qui risque de ne pas tenir compte des accords. C'est précisément ce que veut la N-VA: faire traîner le dossier jusqu'à la prochaine législature pour changer la donne.

Pour Michel, c'est encore une mission difficile et ce au sein de son propre parti. Les gouvernements wallon et bruxellois poussent pour la sortie, Marghem veut construire des centrales électriques au gaz, les nationalistes ne veulent pas... Bref, concilier tout ça risque encore d'être quelque chose. Et sa tactique est: gagner du temps.

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