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Céline Fremault (cdH) saute à pieds joints dans le dossier pourri du survol de Bruxelles

28 février 2018

"Tous ceux" qui se frottent au dossier du survol de Bruxelles y perdent des plumes. Et pourtant, cela n'effraie pas la ministre de l'Environnement bruxelloise, Céline Fremault (cdH). Elle en a marre d'attendre quelque chose du gouvernement fédéral et monte au créneau. Ce qui n'est pas tout à fait du goût du ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA). 

Melchior Mathelet en 2014, Jaqueline Galant en 2015, ces politiciens ont fait les frais de ce dossier brûlant: le survol de Bruxelles. Cher aux habitants de la capitale, cela faisait un moment que ce dossier n'avait pas fait la Une dans notre pays. Eh bien, c'est Céline Fremault (cdH), ministre bruxelloise de l'Environnement, qui décide de prendre les choses en mains et monte au créneau.

Elle a commandé une étude et son but est de montrer à François Bellot (MR), ministre fédéral de la Mobilité, que d'autres routes pour les avions sont possibles au-dessus de la capitale. Mais le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA), ne l'entend pas de cette oreille. Selon lui, la manœuvre de l'élue humaniste n'est destinée qu'à détourner le regard des scandales qui touchent son parti et le PS à Bruxelles, peut-on lire dans La Libre.

"Des solutions simples et rapides"

Le 19 juin dernier, le tribunal de premier instance imposait au gouvernement fédéral de réduire les nuisances sonores provoquées par les avions sur la route du Canal. Ceux qui suivent le dossier le savent bien, la question des routes empruntées par les avions, le timing, les retours les départs, tous ces éléments font que le dossier du survol de Bruxelles reste un dossier ouvert et non résolu depuis plusieurs années.

Pour la ministre de l'Environnement, Céline Fremault, c'en est trop et elle l'a fait savoir! "Je suis assez consternée de voir que le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), ne se cache plus de vouloir enliser le dossier malgré la condamnation judiciaire. Alors qu'il se présentait comme le ministre du renouveau après l'échec de Jacqueline Galant (MR, ex-ministre de la Mobilité), il aura finalement le même bilan qu'elle, à savoir faire des annonces et des promesses, sans aucun suivi de résultats", peut-on lire dans l'Echo. Mais face à ces attaques, François Bellot a répondu en disant qu'il refusait de déplacer les nuisances pour faire "un coup" juste avant les élections communales de 2019.

Après avoir commandé une étude, elle se sert aujourd'hui des résultats pour interpeller le ministre fédéral. Selon l'étude réalisée par l’Institut de gestion de l’environnement et d’aménagement du territoire (IGEAT-ULB), il existe des solutions rapides pour répondre à la décision du tribunal. Notamment, l'utilisation de la route du ring à la place de celle du Canal.

Des solutions qui ne plaisent pas à la Flandre

Évidemment, déplacer la route actuelle qui passe par le Canal pour la faire passer au-dessus du ring, n'est pas au goût de tout le monde et certainement pas à celui de Ben Weyts, ministre flamand de la Mobilité. Si cette route était déplacée entre 7h et 23h, les nuisances seraient déplacées vers la Flandre, mais aussi vers des zones moins peuplées. On parle de 420.000 habitants pour la route du canal et 120.000 pour celle du ring, lit-on dans le journal Le Soir.

Selon le même rapport toujours, il s'agit de solutions simples puisqu'il suffit de switcher des routes déjà existantes. De plus, ces modifications permettraient de réduire les violations des normes bruit. Ces violations qui, by the way, ont augmenté de 126 % (!!) de 2016 à 2017. De plus, les recommandations du rapport n'affecteraient pas la capacité de l'aéroport selon la ministre.

Le survol de Bruxelles, ce boulet

Selon l'Union belge contre contre les nuisances d'avions, l'étude réalisée par l'IGEAT comporterait des manques et ne serait pas tout à fait impartiale. Le rapport ne fait donc pas l'unanimité, comme le dossier du survol de Bruxelles, dont on n'a toujours pas fini de parler.

Et une chose est claire, à l'approche des élections communales, on peut d'ores et déjà dire que le survol de Bruxelles fera partie des grands dossiers de campagne... Et Céline Fremault est plutôt en bonne voie pour se frotter à cette thématique brûlante. Un seul conseil, attention à ne pas se piquer!

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