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Au tour des sponsors et de Zuhal Demir de contester le choix de Damso pour l'hymne des Diables rouges

7 mars 2018

Hier le Conseil des femmes, aujourd'hui les sponsors. Damso a du souci à se faire. Les voix s'élèvent pour qu'il ne puisse pas interpréter le prochain l'hymne des Diables lors de la Coupe du monde en Russie. Le rappeur bruxellois aux textes crus s'attirent les foudres des féministes et de la secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances.

Coca-Cola, AB Inbev, BWM et Carrefour, autant de sponsors (de poids) qui ne voient pas d'un bon œil le choix de l'Union belge. Exit le côté policé du Grand Jojo ou de Stromae, les patrons du football belge ont fait un pari osé, dans l'air du temps: celui de Damso, reconnu comme le meilleur rappeur belge du moment, tant par la critique que par les fans.

Il y a un hic. Le rappeur bruxellois est connu pour ses textes crus, très directs et parfois borderline. Hier, le Conseil des femmes mettait la pression sur l'Union belge pour qu'elle revoie son choix. Hier soir, c'était au tour des principaux sponsors de notre équipe nationale, rapporte Het Nieuwsblad: "Nous avons fait part de nos préoccupations à l'Union belge", ont déclaré les principaux sponsors. Ils pourraient bientôt être rejoints par ING et Besix.

Chaque sponsor y est allé de son petit commentaire: "AB InBev attache une grande importance au respect et à la diversité". Quant à BWM, le porte-parole déclare que la marque allemande a déjà fait part de ses préoccupations "il y a longtemps déjà". "Notre marque ne veut pas être liée à une quelconque forme de discrimination", a fait savoir son porte-parole au Nieuwsblad. Même chose chez Carrefour.

Zuhal Démir monte au créneau

La résistance s'organise. Même la secrétaire d'État à l'Égalité Zuhal Demir (N-VA) y va de son coup de pression: "Cela n'est tout simplement pas possible. J'espère qu'on va laisser tomber", a-t-elle déclaré mardi soir sur le plateau de l'émission télévisée "Van Gils & gasten" sur Eén (VRT). Elle l'a aussi fait savoir beaucoup plus agressivement dans un tweet.

Seul Besix s'accorde du temps et attend sagement de voir le texte du compositeur. Choix qui nous paraît le plus judicieux. Il est vrai que le rappeur bruxellois emploie des mots très crus et parfois choquants, c'est d'ailleurs sa marque de fabrique. Sauf que ses textes s'accompagnent aussi d'un certain romantisme. C'est ce mélange de style qui fait justement sa réputation.

Damso est un rappeur. Nous n'éluciderons pas ici le (vaste) débat du rap et du sexisme. Notons seulement que Damso est un choix des joueurs et dans l'air du temps. Le rap est le courant musical dominant. C'est le rock des décennies précédentes. Noirs, blancs, jaunes, pauvres ou plus riches, universitaires ou ouvriers, tous écoutent du rap maintenant. Ils n'en deviennent pas pour autant harceleurs ou misogynes.

Gageons que Damso soit assez malin que pour créer un hymne rassembleur et sans ambiguïtés. On en prend même le pari!

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