Quand Laurette Onkelinx (PS) se rebiffe: le MR, Reynders et la N-VA en prennent pour leur grade

8 mars 2018

Le MR? "Pas une plus-value pour Bruxelles." Reynders? "Un éternel candidat". La N-VA à Bruxelles? "Non merci!". À ceux qui croyaient que Laurette Onkelinx était sur la touche, ils ont eu tort. La patronne des socialistes bruxellois entend toujours peser sur le débat, malgré l'annonce de sa retraite. Avec quelques punchlines en prime.

Onkelinx à la retraite? Vous n'y pensez pas. Si la cheffe du PS bruxellois a bien annoncé sa retraite politique pour 2019, elle entend tout de même mener campagne. Sans prendre de gants. Laurette Onkelinx est connue pour frapper fort, mais dans son interview accordée au Soir, c'est carrément du MMA (combats d'arts martiaux avec un minimum de règles).

Sa principale cible? Le MR et Didier Reynders. On pourrait croire le PS et Onkelinx sur la défensive suite à l’éclatement de plusieurs affaires comme le tout récent GIAL, le Samusocial ou encore le SIAMU. Pas du tout: la meilleure défense, c'est l'attaque.

Qu'a fait le MR pour Bruxelles? "Rien". La socialiste pointe tour à tour, le désinvestissement du fédéral dans la capitale et le manque de volonté et de solutions du MR pour régler la mobilité, le survol de Bruxelles ou la question migratoire.

Reynders, ce looser

"Il faut pouvoir dire que si le MR était une plus-value pour Bruxelles, ça se saurait." Paf! On en connait qui doivent se pincer pour le croire. Dont un certain Didier Reynders, candidat presque autoproclamé à la tête de la Région bruxelloise, et défenseur d'une N-VA dans Bruxelles.

"Didier Reynders est un éternel candidat", dénigre la socialiste. Candidat-bourgmestre à Uccle, à Liège, candidat Premier ministre ou de postes internationaux, le libéral est un échec, "il est sa propre ambition", ajoute-t-elle.

Son idée de reconduire la majorité fédérale au sein de la capitale, sans surprise, ne plait pas du tout à Laurette Onkelinx. "Le modèle anversois ici, non merci!", assène-t-elle en référence à la gestion, critiquée, de la commune du nord du pays par Bart De Wever (N-VA). Elle prend comme exemple tout ce qui ne va pas dans la ville portuaire: la mobilité et la criminalité, Anvers comme plaque tournante de l'Europe du trafic de drogues. Onkelinx sait là où ça fait mal.

Si elle voit la N-VA capter des voix francophones dans la capitale par son discours populiste (à l'italienne), elle ne s'attend pas à un raz-de-marée: les néerlandophones ont une identité bruxelloise, contrairement à ce qu'affirment souvent les nationalistes flamands.

Onkelinx place aussi ses pions pour les futures majorités avec un petit compliment adressé à Ecolo et à Défi, qui sont en faveur du décumul intégral, contrairement au MR... et, ah oui, "le CDH" aussi".

Pas de système PS

Une autocritique par rapport aux différentes affaires? Pas vraiment. Onkelinx refuse de parler de système PS et continue de penser qu'il s'agit de fautes individuelles. Elle rappelle que les différentes affaires, dont la dernière en date du GIAL, se sont produites dans différentes majorités. Comprendre: le PS n'était pas seul.

Mais quand le PS balaye devant sa porte, quand est-il du MR? "Armand De Decker est toujours MR! Serge Kubla aussi", rappelle-t-elle. Elle souligne également "le travail de réforme extraordinaire" de Philippe Close (PS) à la tête de la Ville de Bruxelles.

Redoute-t-elle néanmoins une sanction dans les votes? C'est loin! Les élections régionales sont programmées pour mai 2019, "tellement de choses peuvent se passer". Dans les deux sens madame Onkelinx.

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