© Tomorrowland Facebook

Pour son édition à l'Alpe d'Huez, Tomorrowland chope 400.000 euros de subsides... mais en a-t-il vraiment besoin?

13 mars 2018

En mars 2019, Tomorrowland prendra ses quartiers en pleine montagne à l'Alpe d'Huez. L'occasion pour les skieurs de faire la teuf après quelques descentes de pistes. Malheureusement, une polémique touche déjà cette édition new look de festival: Tomorrowland a en effet reçu 400.000 euros de la région Auvergne Rhône-Alpes. Et ça, ça passe mal. 

Il y a une semaine, on apprenait que Tomorrowland prendra place en mars 2019 au sommet de l'Alpes d'Huez en France. Le hype est montée de façon exponentielle...comme la toute récente polémique qui touche actuellement le festival. En effet, dans un communiqué, la région Auvergne Rhône-Alpes qui accueillera l'évènement annonce fièrement qu'elle donnera 400.000 euros de subside au festival.

"Avec une participation inédite de 400 000€, la Région est fière de pouvoir accueillir le Tomorrowland Winter sur son territoire" peut-on lire dans le communiqué. Ainsi, la région devient le premier financeur public du festival et ça ne passe absolument pas du côté des associations culturelles de la région. Ils reprochent au président de la région d'aider des festivals commerciaux et de délaisser les évènements indépendants mettant en avant des jeunes artistes locaux.

Des subsides inutiles

Si Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne Rhône-Alpes, se félicite de ce partenariat, on peut tout de même s'interroger sur l'utilité de cette aide financière. En effet, Tomorrowland est l'un des festivals les plus rentables du monde avec 25 millions de chiffre d'affaires en 2017. Avec des tickets à plusieurs centaines d'euros ce n'est pas vraiment étonnant.

Mais voilà, la France devient le troisième pays après la Belgique, le Brésil et les USA a accueillir le célèbre festival. Et ça, ça vaut bien 400.000 euros: "Cette manifestation unique à l’échelle internationale s’inscrira également dans les priorités de la politique culturelle régionale et renforcera l’attractivité de la région pour la première édition hivernale du festival" se défend Laurent Wauquiez. Il faut dire qu'en 2013, le festival avait rapporté 70 millions à la Flandre, c'est dire qu'organiser le festival chez soi est rentable.

Investissement touristique

Qu'importe si des associations culturelles s'indignent, l'investissement de la région n'est pas culturel mais touristique. Car les retombées pour la région seront considérables: le festival pourra accueillir jusqu'à 30.000 personnes et les tickets coûteront plus de 500 euros. On te laisse faire le calcul. Surtout que ce projet de Tomorrowland Winter a clairement pour objectif de combiner glisse et dancefloor, l'aspect culturel est donc bel et bien évacué. Et ça tombe bien, parce que l'Alpe d'Huez souffre actuellement d'une baisse de fréquentation, il s'agit donc de l'investissement parfait pour relancer la station de ski.

L'erreur de la région est donc d'avoir invoqué l'aspect culturel dans son communiqué. Il est donc normal que plusieurs petits festivals indépendants qui ont du mal à joindre les deux bouts s'indignent. Car ces 400.000 euros ne vont pas peser dans la balance: à l'échelle du festival, 400.000 euros ne suffisent pas pour payer 2 têtes d'affiche. Il s'agit simplement d'un petit grain de sable dans un immense désert d'argent. De l'argent qui aurait donc pu être mieux investi.

En tout cas, une pétition est d'ores et déjà lancée pour que Laurent Wauquiez renonce à ces subventions

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