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Le PS fait son grand retour dans les sondages, le cdH résiste et prouve qu'il existe 

27 mars 2018

Dans les deux sondages réalisés dernièrement sur les intentions de vote en Belgique, la remontée du PS est frappante. À Bruxelles, le parti est passé de 15,1% à 21,8% depuis octobre 2017. En Wallonie, le MR est toujours en tête et le Premier ministre Charles Michel (MR) fait d'excellents scores en Flandre. Au nord, la N-VA reste toujours le grand favori (32%).

Deux grands sondages se font concurrence en Belgique, deux grands blocs qui paient chacun une grosse enquête de son côté. L'une est demandée par VTM, Het Laatste Nieuws, RTL et Le Soir, et réalisée par la société Ipsos. L'autre bloc est composé de la VRT, De Standaard, RTBF et La Libre, et il commande son sondage à TNS.

Les scores dans les sondages sont toujours légèrement différents, mais les tendances sont tout à fait les mêmes: le MR est en tête en Wallonie mais le PS a fait une remontée exceptionnelle (après la chute terrible qu'il avait connue à l'été 2017). Ecolo est en bonne santé et le PTB perd des voix. Grande surprise: le cdH, que tout le monde annonçait comme fini après la débâcle de la demande de bonne gouvernance, tient le coup et passe même la barre des 10% en Wallonie.

En Flandre, la N-VA domine clairement le jeu avec plus 30% d'intentions de vote. Les autres sont loin derrière avec des scores qui se ressemblent. Le CD&V a fait un peu mieux que l'Open Vld. Ils sont suivis de Groen et enfin du sp.a. Les socialistes accusent le coup et sont passés sous la barre des 10%.

Il est important de noter que les sondages ont été réalisés avant la crise des F-16. Le hasard des choses fait que TNS a pris la tension chez les électeurs du 26 février au 17 mars, soit la semaine avant que tout n'éclate. Ce n'est qu'à partir du week-end du 17 mars que l'on a commencé à parler du business des avions de chasse et les choses se sont réellement envenimées à partir du 20 mars. Toute cette actualité n'a donc pas été prise en compte dans le questionnaire.

Que nous disent les chiffres? Avec une marge d'erreur de 3,1% en Flandre et en Wallonie et de 3,6% à Bruxelles, quelques tendances peuvent être déduites.

À Bruxelles:

  • On l'aurait cru mort après les scandales à répétition qui ont frappé la Ville de Bruxelles ces derniers mois et pourtant le voici: le PS fait son grand retour et ressort avec 21,8% d'intentions de vote. Dans le sondage précédent, les socialistes n'avaient obtenu que 15,1%. Cette remontée de presque 6 points est frappante. Le bourgmestre Philippe Close (PS) et l'échevine de la Culture Karine Lalieux (PS) s'en sortent plutôt bien.
  • Le MR est stable avec ses 20,2%, soit une perte de 2,9% par rapport à 2014. Les libéraux sont deuxièmes à Bruxelles, après le PS.
  • Avec 15,7%, Ecolo fait mieux qu'en 2014 mais perd 1 point par rapport à octobre.
  • DéFI est également en perte de vitesse, le parti d'Olivier Maingain n'obtient qu'un poussif 12,9% contre 14,9 en octobre.
  • Le cdH, qui passait de justesse le seuil électoral en décembre s'est refait une santé et atteint les 9%.
  • Le grand perdant dans cette histoire est le PTB. Les marxistes sont redescendus à 5,8%, une baisse de quasi 3 points par rapport à décembre.
  • L'importance des partis flamands à Bruxelles est plus difficile à évaluer. La N-VA est en tête avec 4,1%, suivie de l'Open Vld (2,6%), Groen (2,4%), CD&V (1,9%) et à peine 0,6% pour le sp.a bruxellois.

Quelques changements notables en Wallonie:

  • Le MR reste favori en Wallonie avec 24,1%. Mais il est talonné de près par les socialistes.
  • Le PS se redresse enfin: il est revenu à 23,2%. C'est mieux qu'en octobre mais ça fait toujours 8,8% de moins qu'en 2014.
  • Ecolo tape du 17,5%, un gain énorme comparé aux 9,2% de 2014. Mais les Verts sont un peu redescendus par rapport au sondage précédent où ils se situaient à 18,5%.
  • Quoi qu'on en dise, le cdH n'est pas mort. Le partenaire de la coalition, aux manettes de la Wallonie avec le MR, résiste et prouve qu'il existe. Les chrétiens-démocrates ont fait un joli 11,1%, contre 8,7% pour octobre.
  • Ici aussi, le PTB s’essouffle et reste coincé à 10,6%. Le vent tourne pour les marxistes. Au sondage précédent, ils étaient encore à 14,8%.

En Flandre:

  • La N-VA a fait à nouveau un joli 32,4%, ce qui est exactement le score des élections de 2014. Mais c'était avant que n'éclate la crise des F-16 avec comme personnage central le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA). L'excellente santé de la N-VA semble principalement due à Theo Francken (N-VA), le Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, qui devient de plus en plus populaire.
  • Le CD&V chute à 16,4%, soit 3% de moins que le sondage précédent. Le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD & V) a plombé son score de popularité mais le ministre de la Justice Koen Geens (CD & V) a repris du poil de la bête.
  • L'Open Vld recule légèrement, passant à 14,7%, soit 0,8% de moins que le sondage précédent et 0,8% de moins qu'en 2014. Maggie De Block (Open Vld) et Alexander De Croo (Open Vld) ) restent très populaires.
  • L'engouement pour les Verts ne fait qu'augmenter et les sondages précédents nous l'avaient déjà souligné. Cet engouement pour Groen est à nouveau confirmé: 13,8%, autant que dans les sondages d'octobre et beaucoup mieux que les 8,6% des élections.
  • Le sp.a a pris un gros coup et chuté à 9,5% dans les sondages. Mais ici aussi, comme pour la N-VA, il est trop tôt pour tirer des conclusions. L'affaire des F-16, dans laquelle le sp.a a joué un rôle prépondérant, a déjà considérablement renforcé le militantisme des socialistes en interne.
  • Le Vlaams Belang gagne du terrain et obtient 7,5%.
  • Avec 4,9%, le PVDA (le PTB en Flandre) reste inférieur au seuil électoral.

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