La police de Bruxelles n'a filé aucune amende pour les actions sauvages des taxis dans la capitale

28 mars 2018

La police de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles n'a rédigé aucun PV suite à la manifestation sauvage des chauffeurs de taxi qui a bloqué Bruxelles mardi. Sur Twitter, la police a même écrit que "le droit à la liberté d'expression l'emporte sur le code de la route". Ce tweet a par la suite été retiré, mais il en dit long sur la conscience politique des troupes.

Le contraste ne peut guère être plus grand: la police fédérale a rédigé une centaine de procès-verbaux hier suite aux actions terribles des chauffeurs de taxi. Ces derniers ont fait à peu près tout ce qui était interdit sur les voies publiques: mettre en place des barrages, ralentir soudainement dans une colonne, traverser des routes, brûler des pneus... On ne parle pas de quelques infractions mineures, mais bien "d'obstructions malveillantes", comme le rapporte Het Laatste Nieuws. De telles violations sont très graves et peuvent même parfois mener à la prison.

Des faits graves pour la police fédérale mais pas pour la police bruxelloise. Les chauffeurs de taxi n'ont, à aucun moment, été inquiétés par les agents de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles. Aucun PV n'a été rédigé. Lorsqu'un citoyen a demandé sur Twitter si les images des caméras ne montraient pas clairement une violation du code de la route, la police bruxelloise a répondu brutalement: "Le droit à la liberté d'expression a plus de poids que le code de la route. Nos équipes travaillent dur pour faire en sorte qu'un passage soit possible partout".

Une vision très politique de la manière dont le code de la route doit être appliqué. Quelques heures plus tard, et après une avalanche de réactions sur Twitter, la police est revenue sur sa déclaration: "Un de nos employés a réagi avec les meilleures intentions à ce tweet. Mais le contenu était faux et nous nous en excusons."

Le PS change de route

Il n'en demeure pas moins que quelques 650 chauffeurs de taxi ont fait beaucoup de dégâts économiques: ce groupe de chauffeurs, rejoints par des chauffeurs espagnols, suisses, français et anglais, a facilement bloqué des milliers de personnes. L'attitude de la police bruxelloise n'est pas si difficile à expliquer: les patrons de cette police sont en réalité les bourgmestres des communes de Bruxelles, avec en tête le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS).

Et actuellement, le PS est derrière les chauffeurs de taxi. La faction bruxelloise se plaint depuis quelque temps des projets de son homologue socialiste du côté flamand, Pascal Smet. Le ministre bruxellois de la Mobilité essaie de mettre en place un nouveau plan de gestion des taxis. Ce dernier doit en quelque sorte légaliser Uber, mais il doit aussi s'attaquer au commerce illégal des licences de taxi. Autrefois, les licences étaient accordées presque gratuitement aux taxis. Mais aujourd'hui, un marché noir autour de ces licences fait qu'il existe un véritable monopole des taxis à Bruxelles. Au marché noir, une licence coûte environ 40.000 euros.

Smet voulait s'en débarrasser, car toute cette structure fait que les consommateurs paient des prix absurdes pour les taxis à Bruxelles. Mais politiquement, le socialiste flamand est mal barré: il n'a plus d'alliés avec le PS. Du côté du PS, le message est clair: "Mon parti est du même avis que moi, nous sommes derrière le secteur des taxis", explique le député socialiste Jamal Ikazban à la RTBF. "Nous avons dans un premier temps approuvé un texte en première lecture, mais uniquement pour permettre à Pascal Smet d’entrer en concertation avec les taxis, le problème, c’est que cette concertation n’a jamais commencé". Il y a donc de fortes chances que ce plan taxi soit tué dans l’œuf.

Déjà lu?

Déjà lu?