© iStock

La famine dans le monde atteint des niveaux alarmants

1 avril 2018

L'année dernière, l'insécurité alimentaire a encore augmenté dans le monde et ce, principalement à cause des crises alimentaires, des conflits sans fin et des changements climatiques brutaux. Actuellement 124 millions de personnes, réparties dans 50 pays, font face à un grave problème d'insécurité alimentaire ou à des mauvaises conditions d'alimentation.  

La population mondiale menacée par la famine a augmenté de 11 % par rapport à l'année précédente, indique un rapport du Réseau d'information sur la sécurité alimentaire (Food Security Information Network). Selon le rapport, la gravité du problème est encore plus évidente lorsque l'on considère le fait que dans 45 pays, 11 millions de personnes sont confrontées à une menace aiguë d'insécurité alimentaire depuis deux années consécutives.

Les chiffres augmentent à cause des guerres

"La situation est particulièrement alarmante", explique Arif Husain, économiste en chef du Programme alimentaire mondial et responsable du service d'analyse de sécurité alimentaire. "Si vous observez la période entre 2017 et 2018, vous constaterez qu'aucun des grands conflits n'a pu être résolu. Il est donc assez logique que les chiffres augmentent". Les chercheurs ont découvert qu'au sein de 18 pays comprenant le Yémen, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud, 74 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire ont dû subir une période de nouveaux conflits ou ont vu l'intensité de ceux-ci augmenter.

"La sécheresse persistante en Afrique orientale et australe et d'autres phénomènes climatiques tels que les ouragans dans les Caraïbes ont également perpétué l'insécurité alimentaire de personnes dans 23 pays", indique le rapport. Il s'agit en outre de pays qui dépendent fortement des importations de produits alimentaires. Un tiers des pires crises alimentaires de 2017 ont été recensées dans le nord-est du Nigeria, en Somalie, au Yémen et au Soudan du Sud, où 32 millions de personnes ont besoin d'une aide urgente, soit une hausse de 16 % par rapport à l'année précédente.

Le rapport indique encore que la famine a représenté une menace persistante pour environ 20 millions de personnes.

La moitié de la population du Yémen a faim

D'ici la fin de l'année, les conflits devraient continuer à influencer les crises alimentaires en Afghanistan, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, au nord-est du Nigeria, dans la région tchadienne, au Soudan du Sud, en Syrie, en Libye, au Mali et au Yémen.

Au Yémen, 17 millions de personnes, plus de la moitié de la population, sont en situation de famine. L'accès restreint aux organisations d'aide, la volatilité économique du pays et l'apparition de maladies devraient aggraver cette situation, indique encore le rapport. En Afrique du Sud, une amélioration partielle est attendue, en raison d'une production plus importante des céréales et d'une baisse des prix des denrées alimentaires.

Cependant, le rapport note que les populations vulnérables auront besoin d'aide pour renforcer leur résistance aux futurs chocs climatiques, de manière à ce qu'une récupération plus rapide soit possible. "Aucune amélioration significative de la sécurité alimentaire mondiale ne peut être atteinte tant que la paix et les moyens de subsistance n'auront pas été rétablis", ajoute le rapport.

Lire aussi

Déjà lu?