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Cette nuit, la station spatiale chinoise s'est écrasée sur Terre et a rejoint les autres engins spatiaux au fond du Pacifique

2 avril 2018

Depuis 2016, la station spatiale chinoise Tiangong-1 est en vol incontrôlé autour de notre planète. Elle devait donc un jour ou l'autre s'écraser sur Terre et elle a choisi la nuit de dimanche à lundi pour le faire. Heureusement, l'engin n'a pas fait de dégât en s'écrasant: il s'est désintégré dans l'atmosphère et les débris ont terminé leur course dans le Pacifique, véritable cimetière d'engins spatiaux.

Après deux années de vol en roue libre en orbite autour de la Terre, le laboratoire spatial Tiangong-1 a retrouvé la planète où il a vu le jour ce lundi. Ce retour sur Terre s'est fait sans bavure, l'engin de 8 tonnes s'est désintégré dans l'atmosphère vers 00h15 et les débris se sont retrouvés au fond de l'océan Pacifique.

Cet atterrissage a eu lieu plus tôt que prévu. Normalement, le CMSEO, le bureau chinois chargé de la conception des vols spatiaux habités, prévoyait la chute de la station au large de l'Atlantique sud, à hauteur de Sao Paulo au Brésil. Finalement, c'est bien dans le Pacifique que la station repose, accompagnée de centaines d'autres débris d'engin spatiaux.

Échec chinois?

Tiangong-1 était dans l'espace depuis 2011. Il s'agissait d'un laboratoire utilisé pour des expériences médicales. Il s'agissait également de la première étape de la politique spatiale chinoise qui ambitionne de créer sa propre station spatiale chinoise, une sorte de Station Spatiale Internationale. Mais malheureusement, en 2016, Tiangong est devenue incontrôlable.

Selon l'Agence Spatiale Européenne (ESA), les ingénieurs chinois n'étaient plus capable d'actionner les moteurs de la station pour contrôler la chute de la station. Une information que Pékin a vite démenti: "Les médias étrangers montent en épingle la rentrée (dans l'atmosphère) du Tiangong-1 (...) parce que certains pays occidentaux essayent de couvrir de boue une industrie aérospatiale chinoise en pleine croissance."

Car oui, la Chine fait tout pour rattraper son retard en matière de conquête spatiale sur les États-Unis et sur l'Europe. Des milliards ont été investis pour montrer la toute puissance de la Chine au monde entier. Malheureusement, ce petit échec concernant Tiangong-1 n'est pas vraiment une bonne pub pour l'Empire du milieu.

Le Pacifique, un vrai cimetière

Comme dit plus haut, Tiangong-1 s'est écrasée dans "la partie centrale du Pacifique sud". Mais pour être plus précis, la station spatiale chinoise repose désormais non loin du "point Nemo", un véritable cimetière à engins spatiaux.

"Le point Nemo se trouve au large des côtes de l'Antarctique, de la Nouvelle-Zélande, des îles Piticairn et du Chili", a expliqué à l'AFP Stijn Lemmens du Bureau des débris spatiaux de l'ESA (Agence spatiale européenne) à Darmstadt. Il s'agit en fait du point le plus isolé du monde: il est situé à 2.688km de la terre la plus proche.

"C'est plutôt une zone qu'un point", explique Florent Deleflie, astronome de l'Observatoire de Paris. "Et comme cette zone est très large, elle est la plus propice à ce genre d'opération." Du coup, le point Nemo est devenu un véritable cimetière ou une décharge, c'est selon. On estime qu'à l'heure actuelle, 250 à 300 engins reposent dans cette zone du Pacifique. D'ailleurs, l'immense station internationale devra également y finir ses jours en 2024. Mais pas de panique, quand un engin spatiale doit s'y écraser, tout le trafic aérien est prévu, même chose pour le trafic maritime.

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