© Gaston Lagaff Le Film Screenshot

"Scénario débile": la fille de Franquin a vu le film "Gaston Lagaffe" et est juste dégoûtée du résultat

3 avril 2018

Ce mercredi, le cinéma français accouchera d'une nouvelle adaptation de bande dessinée: Gaston Lagaff. Et comme d'habitude, on va avoir droit à un film moyen pour ne pas dire mauvais. Pour nous, simples mortels, ce ne change pas vraiment nos vies: un mauvais film de plus ou de moins, on s'en fout. Par contre, quand on est de la famille de Franquin, le créateur de la BD, c'est plus difficile à vivre. Isabelle Franquin témoigne: le film est vraie calamité. 

Lucky Luke, Spirou, les Schtroumpfs, Astérix et Obélix et maintenant Gaston Lagaffe, les adaptations de bandes dessinées au cinéma sont légion. Malheureusement, la qualité est rarement présente. Et le dernier film en date s'annonce être le pire de tous. Avant même sa sortie, la film dégoûte déjà. Rien que la bande annonce fait frémir: gags à base de cacas d'oiseaux, de chutes et de portes prises en pleine face, le film a autant de subtilité qu'un coup de boule de Gérard Depardieu.

Mais nous en tant que spectateur lambda, ça ne va pas changer notre vie. On n'ira tout simplement pas le voir au cinéma et on se délectera des critiques assassines dans les médias. Mais quand on est la famille du créateur de la BD c'est autre chose. Isabelle Franquin, la fille du dessinateur, a pu voir le film avant tout le monde et elle est ressortie affligée de la salle. Elle raconte tout ça dans l'Avenir.

"Scénario débile"

Isabelle Franquin exerce un droit moral sur l'oeuvre de son père. C'est-à-dire qu'elle a eu un droit de regard sur l'oeuvre du réalisateur Pierre-François Martin-Laval. Elle a donc été "forcée" de regarder le film avant sa sortie. Un film qu'elle n'a jamais désiré: "La conception de ce film et la vente de ses droits ne sont pas de mon fait. C’est d’ailleurs une chose que je n’aurais pas faite si ça n’avait tenu qu’à moi" avoue-t-elle dans les colonnes de l'Avenir.

Elle a eu "la chance" d'avoir accès au scénario et ça l'a foutue en boule: "Sa première version était inqualifiable, pleine d’aberrations: Gaston y abandonnait son chat et sa mouette. Ou chauffait la start-up où il travaille en introduisant un tuyau d’arrosage dans le derrière d’une vache. Quand on sait la manière dont Gaston traite ses animaux et la façon dont mon père les a mis en scène dans ses séries, sérieusement..."

"Ça fait mal"

Elle a pu faire quelques remarques suite à la lecture du scénar mais elle n'a pas le pouvoir de changer de gros détails et d'empêcher le film, malheureusement pour tout le monde. "Je n’avais pas le pouvoir d’empêcher ce film, même si les acteurs sont mal dirigés, le scénario débile et le rythme des gags catastrophique." En fait, le film ne ressemble pas vraiment à la BD. Ici, adieu le journal Spirou: Gaston travaille dans une start-up pour faire plus moderne et parler aux jeunes. Et surtout parce que c'est moins cher.

Dans tous les cas, le travail du staff fait l'effet d'un coup de poignard dans le coeur d'Isabelle Franquin: "Ça fait mal, très mal même, car j’assiste impuissante au désastre, en espérant de tout cœur que le public saura distinguer le bon grain de l’ivraie, si je puis dire." Encore faut-il que le public se rende en salle...

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