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Hongrie: le Premier ministre Orban écrase la gauche aux élections pour diriger à nouveau d'une main de fer

9 avril 2018

En Hongrie, Viktor Orban peut à nouveau se proclamer Premier ministre pour la troisième fois. Avec son parti Fidesz, il a obtenu la majorité absolue. L'opposition a perdu des sièges et ses présidents de parti ont démissionné. L'Europe n’accueille pas cette réélection d'un très bon oeil mais Orban ne s'embarrasse pas trop avec les directives européennes.

Avec presque tous les votes comptés, il est maintenant certain que Viktor Orban se dirige vers une troisième victoire. Son parti Fidesz obtient 133 des 199 sièges, avec près de 50% des voix. Pour décrire brièvement l'opposition: le parti d'extrême droite Jobbik a obtenu 27 sièges et la gauche doit se diviser vingt sièges, ce qui fait une perte de neuf sièges.

Orban a déclaré: "Nous avons gagné, la Hongrie a remporté une grande victoire". Le taux de participation était élevé: 70%. Les dirigeants de Jobbik et des partis socialistes se sont bien mobilisés.

Anti-immigration

Le fait qu'Orban récolte autant de votes n'est pas vraiment une surprise, mais les analystes politiques se méfient du Premier ministre hongrois. Toute sa campagne était basée sur une politique anti-immigration forte. Son ennemi principal était le milliardaire hongro-américain George Soros qui aimerait construire un système complexe pour que la Hongrie devienne une terre d'accueil des migrants.

Cette politique anti-immigration inquiète l'Europe: Orban a refusé de respecter les quotas européens pour les réfugiés syriens et, à la manière de Trump, a érigé une barrière gigantesque à la frontière hongroise, ce qui lui a valu l'adhésion de nombreux Hongrois.

L'économie renaît

Les Hongrois ont peu de raisons de se plaindre: sous Orban, l'économie s'est redressée pour la première fois depuis des années et le chômage s'est réduit. Mais Orban a aussi l'habitude de réécrire la constitution comme ça l'arrange. Les organisations de défense des droits de l'homme affirment que les libertés démocratiques des Hongrois en prennent un sacré coup. Ce pour quoi le Premier ministre hongrois ne s'inquiète pas: il a également les médias dans sa poche.

Pas du genre à rester assis les bras croisé, Orban agit comme un chef d'État totalitaire qui dirige son pays avec une poigne de fer. Au sein de son parti, le leadership d'Orban est indiscutable: les points de vue sont discutés à l'avance, et peu de discussions sont tolérées. Et avec 50% des voix, cela ne va pas s'améliorer.

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