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2.500 gendarmes pour quelques 250 zadistes: l'évacuation de Notre-Dame-Des-Landes en France a commencé

9 avril 2018

Durant les prochains jours, plusieurs milliers de policiers français vont faire le siège de la "zone à défendre" (ZAD) à Notre-Dame-des-Landes en Bretagne. Objectif de l'opération: déloger les quelques centaines d'individus qui occupent les sols depuis presque dix ans pour des raisons écologiques mais de façon illégale aux yeux du gouvernement.

Le gouvernement français a décidé d'en finir avec cette communauté étrange qui s'est développée dans les bocages de l'ouest de la France. "Tous ceux qui ne s’inscrivent pas dans le cadre de la légalité devront quitter les terrains rapidement", a déclaré dimanche le premier ministre, Edouard Philippe, dans une interview accordée au Parisien.

Vingt-cinq escadrons de policiers mobiles, soit environ 2.500 gendarmes, ont été envoyés en Bretagne, dans la zone de Notre-Dame-des-Landes pour expulser environ 250 militants écologistes et anarchistes. Ces derniers occupent un terrain sur lequel il a été un temps prévu de construire un aéroport. Le projet a depuis été abandonné mais les occupants ont entre temps développé d'autres projets et quitter le lieux n'en fait pas partie.

L'opération a débuté ce lundi matin avant l'aube et elle pourrait s'étaler sur plusieurs jours. La communication officielle est particulièrement cadenassée: les journalistes sont invités à ne pas traîner dans les pattes de la police pour leur propre sécurité - entendre ils n'ont pas le droit de filmer - et le gouvernement mettra à leur disposition "des photos et des vidéos de l'opération".

Notre-Dame-des-Landes

La lutte pour la défense de l'espace situé à Notre-Dame-des-Landes (NDDL) est une épine qui traîne dans le pied des gouvernements français depuis les années 60. Le projet d'aéroport du Grand-Ouest devait desservir la Bretagne et la région Pays-de-Loire mais il est finalement abandonné en 2018, pour des raisons écologiques et économiques. Écologique car la zone abrite une faune et une flore unique. Économique car, après calcul, il s'est avéré que la construction de l'aéroport n'était pas une idée rentable.

C'est en grande partie grâce à la lutte des militants que ce projet a été abandonné. Soutenue par des organisations venus de différents coins de la France et même d'ailleurs, cette résistance s'est cristallisé sous la forme d'une ZAD, une "zone à défendre". Depuis 2008, les zadistes campent sur le lieu - qui ne leur appartient pas - où devait être érigé des tarmacs et des tours de contrôles. Parmi eux, il y a des hommes, des femmes, des enfants, des vieux, des paysans, des chômeurs, des étudiants, des alter-mondialistes, des anarchistes, des écologistes...

Illégalité

En quelques années, cette troupe hétéroclite a fondé une espèce de communauté autour d'une agriculture et d'une réflexion alternatives. De ce bastion de résistance, un véritable laboratoire des idées a pris forme pour tenter de donner vie à une "forme de vie collective", rapporte Le Monde. Seulement, ces occupations du sol n'ont pas été autorisées par la loi, raison pour laquelle le gouvernement veut faire partir les zadistes.

Sur le lieu, qui est en quelque sorte un énorme squat à ciel ouvert, se sont construits progressivement des cabanes, des maisons et des constructions en dur. Les forces de l'ordre ont pour mission d'en déloger ses occupants. Mais ces derniers se sont barricadés avec toutes sortes d'objets: pneus, brouettes, branches, tracteurs...

En 2012, une opération du même ordre avait été lancée contre les zadistes. Les milliers de gendarmes et militaires mobilisés pour l'occasion n'avaient toutefois pas réussi à expulser les militants. Cette fois, le gouvernement a doublé les forces en présence. Contre les quelques 250 résistants, il faut voir si ces 2.500 gendarmes et militaires parviendront à quelque chose.

Voici les zadistes en attente de la confrontation

Une barricade réalisée avec les moyens du bord

Derrière les barricades, on attend le choc

Une des cabanes de la ZAD

Les forces de l'ordre en mouvement

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