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L'UE a enfin banni les pesticides tueurs d'abeilles mais la Belgique s'est abstenue de voter

27 avril 2018

Après des mois d'hésitation, les États membres de l'Union européenne ont voté vendredi pour approuver une interdiction permanente des néonicotinoïdes, un ensemble de pesticides dangereux voir mortels pour les abeilles. Ce vote porte un coup dur à deux des plus grandes entreprises chimiques d'Europe, Bayer et Syngenta. La Belgique s'est abstenue de voter et veut demander une dérogation.

Clothianidine, Imidaclopride et Thiaméthoxame: ces trois insecticides ne devraient plus être projetés dans les champs d'Europe. Une majorité a été trouvée ce vendredi matin au Parlement européen parmi les 28 États membres de l'UE: 16 pays ont finalement voté pour l'interdiction de ces néonicotinoïdes.

Les néonicotinoïdes sont une catégorie de produits toxiques employés par les agriculteurs comme insecticides. Ces produits agissent sur le système nerveux central des insectes, en particulier les abeilles, et mènent souvent à leur mort.

C'était un sujet sensible pour les agriculteurs de cultures telles que le colza et la betterave à sucre, qui sont très dépendants de ces substances et affirment ne pas disposer d'équivalents pour traiter leurs champs.

La Belgique s'abstient et demande une dérogation

Parmi les pays qui ont voté pour l'interdiction, il y a la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Grèce, l'Espagne, l'Italie ou encore le Portugal. Les quatre pays qui ont voté contre sont la République Tchèque, le Danemark, la Hongrie et la Roumanie, face à la pression de l'industrie betteravière notamment.

Parmi les neufs pays qui se sont abstenus de voter, il y a... la Belgique. La Belgique était favorable à l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes, si l'on en croit la lettre adressée par le ministre fédéral de l’Agriculture, Denis Ducarme (MR) à la Commission européenne. Mais elle souhaitait obtenir une période de transition avant cette interdiction car "l’absence des néonicotinoïdes rendra les filières betterave non rentables et entraînera leur démantèlement à très court terme", avait-t-il précisé.

La Belgique va donc voir s'il est possible d'obtenir une dérogation pour pouvoir continuer à utiliser ces produits. Selon Ducarme, la Belgique est le seul pays européen a avoir été frappé sur la quasi-totalité de son territoire par la jaunisse des pucerons, relève l'AFP. Le ministre espère qu'une mesure d'urgence pourra être envisagée.

Commission heureuse et firmes malheureuses

Les membres de la Commission européenne se sont vivement félicités de cette décision. "La Commission avait proposé ces mesures il y a plusieurs mois, sur la base de l'avis scientifique de l'Autorité européenne de sécurité des aliments", a déclaré Vytenis Andriukaitis, membre de la Commission chargé de la santé et de la sécurité alimentaire, après le vote. "La santé des abeilles reste pour moi primordiale puisqu'elle concerne la biodiversité, la production alimentaire et l'environnement."

Du côté des firmes biochimiques, c'est plutôt la déception. Le nouveau règlement va être adopté par la Commission dans les semaines à venir et sera applicable à la fin de l'année. Du coup, les firmes Bayer et Syngenta vont devoir trouver un moyen d'écouler leurs stocks de néonicotinoïdes. Elles vont sans doute tester leur possible pour contester cette décision devant la Cour de Justice européenne.

Du côté des militants écologistes, c'est la fête. "Nous avons réussi ! L’Union des apiculteurs, les associations environnementales et des milliers de citoyens vivant partout en Europe ont convaincu la majorité des États membres", peut-on lire sur le site de cette pétition.

"Il s'agit là d'une superbe victoire pour la nature et l'environnement", déclare Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo. "Se passer des néocotinoides est possible. Des alternatives existent et doivent être promues auprès des agriculteurs. En témoigne le développement de la culture biologique de betteraves en Suisse, en Allemagne et en Autriche", commente Patrick Dupriez, co-président d'Ecolo.

Donc, comme le dit Greenpeace, c'est "une excellent nouvelle pour les abeilles!"

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