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Roberto Martinez est bien parti pour prolonger l'aventure avec les Diables Rouges et voilà pourquoi c'est une bonne décision

3 mai 2018

opinionEt si Roberto Martinez succédait... à Roberto Martinez à la tête des Diables Rouges? À quelques semaines du coup d'envoi de la Coupe du monde, la probabilité de voir le technicien espagnol prolonger son bail est de plus en plus forte. Alors qu'on l'imaginait juste de passage, avant de laisser sa place à Michel Preud'homme, l'ancien coach de Swansea est bien parti pour rester jusqu'à l'Euro 2020.

C'est avec plusieurs certitudes que les Diables Rouges s'avanceront sur la ligne de départ de la Coupe du monde en Russie, le 18 juin prochain contre le Panama. Parmi elles, l'identité de leur futur sélectionneur. Sauf gros revirement de situation ou parcours catastrophique chez Vladimir Poutine, Roberto Martinez devrait conserver son poste et prolonger l'aventure avec la sélection belge pour deux ans, soit jusqu'à l'Euro 2020, si on en croit les informations de Sudpresse et du Soir. Impossible de savoir par contre si cette prolongation sera officialisée avant ou après le Mondial.

Pas de Preud'homme

Pourtant, cela semblait écrit d'avance: en succédant à Marc Wilmots après un Euro 2016 en-deça des attentes, Martinez, tout juste coach de 44 ans, allait se servir des Diables comme un tremplin pour rejoindre un club huppé, si possible du côté de la lucrative Premier League. Et Michel Preud'homme, longtemps pressenti pour le poste, allait enfin s'asseoir sur le banc de la sélection après son aventure à Bruges, club qu'il n'avait pas voulu ou pu quitter en 2016.

Sauf que tout n'est pas si simple. Preud'homme, en plus d'un planning sûrement plus adapté à sa vie de famille, aurait réclamé un salaire bien plus élevé que celui de Martinez, que pourrait lui offrir le Standard de Liège... "Avec Preud’homme, je pense qu’une majorité de décideurs ne voulait pas d’un entraîneur exerçant en quelque sorte à mi-temps du mi-temps. Il serait venu avec une cohorte d’assistants et aurait rempli un rôle de manager à l’anglaise que lui propose le Standard. C’est un risque que la Fédération, ne voulait pas courir. Qui plus est pour un salaire que l’on devine nettement supérieur à celui de Martinez, si l’on en croit les normes brugeoises sur lesquelles il aurait fallu s’aligner", a ainsi concédé une source proche du dossier à Sudpresse.

Pourquoi changer?

Surtout, Roberto Martinez se serait dit intéressé à l'idée de continuer et l'aurait fait savoir aux dirigeants de l'Union. Alors pourquoi se prendre la tête à vouloir tout changer puisque l'Espagnol fait très bien son taff pour l'instant? Pourquoi vouloir à tout prix installer un entraîneur belge sur le banc de la sélection si ce n'est par pur nationalisme?

Avec Martinez, les Diables Rouges ont un coach qui s'est qualifié haut la main pour la Coupe du monde, avec du spectacle et des buts (merci Romelu Lukaku), et qui semble avoir l'adhésion de son groupe. Alors OK, tout n'est pas parfait. l'Espagnol, parfaitement adapté à la vie belge du côté de Waterloo, pourrait améliorer sa communication (coucou Radja) et doit veiller à ce que son équipe soit capable de répondre sur le plan tactique à des sélections plus huppées, ce qu'elle n'a pas été capable de faire contre le Mexique en fin d'année dernière. Ce que n'avait pas manqué de faire remarquer Kevin De Bruyne, pour ce qui reste l'une des seules attaques publiques subies par le sélectionneur depuis le début de son mandat. Mais la polémique a été vite éteinte.

Un risque

Les bons résultats aident, bien sûr, à cette bonne atmosphère autour de l'équipe nationale et la Coupe du monde sera un sacré révélateur: cette génération dorée du football belge peut-elle faire au moins aussi bien que ses glorieux ainés de 1986, qui avaient atteint la demi-finale au Mexique? Une élimination avant les quarts de finale serait vue comme un échec (même si cela dépendrait encore des circonstances), il ne faut pas se le cacher. Et la prolongation de Martinez, en bonne voie, pourrait alors être remise en cause.

C'est d'ailleurs le risque que prend l'Union, qui se retrouve dans une situation délicate avec un coach dont le contrat prend fin à l'issue de l'été. Ne rien faire et attendre de voir le parcours des Diables au Mondial, c'est risqué de perdre Martinez en cas de belles performances qui pourraient attiser les convoitises et de devoir tout reconstruire, encore. Mais le prolonger avant la compétition, c'est aussi la possibilité de se retrouver sous le feu des critiques avec un coach qui pourrait passer à côté de sa première grosse compétition dans quelques semaines, mais qui aurait tout de même un nouveau contrat en poche.

Les dirigeants du football belge semblent donc surtout envisager la première possibilité avec cette prolongation. Et on veut croire qu'ils ont raison.

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