Donald Trump imite les terroristes du 13 novembre, la France est outrée

5 mai 2018

Quelle mouche a encore piqué Donald Trump? Venant faire l'apologie des armes devant la NRA, Trump s'est servi des attentats du 13 novembre à Paris pour illustrer son propos. Malaise total: il pense que si les Français étaient mieux armés, le carnage aurait pu être évité. La France est outrée et les gens expriment leur "dégoût". 

"Ils ont pris leur temps et les ont tués un par un. Boum, viens là; boum, viens là; boum, viens là", Donald Trump s'est essayé à une imitation douteuse des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, lors de la convention annuelle de la NRA, le puissant lobby pro-armes à feu.

Six semaines après la fusillade de Parkland en Floride qui a fait 17 morts et quelques jours après la visite d'État d'Emmanuel Macron, Trump n'a pas trouvé mieux que les attentats du 13 novembre pour venir défendre la vente des armes aux États-Unis.

"Personne n'a d'arme à Paris et on se souvient tous des 130 personnes [tuées] et du nombre énorme de personnes horriblement, horriblement blessées", explique tranquillement le président. Ce qu'il sous-entend ne fait pas de doute devant une assistance de 70.000 personnes: "Mais si un employé, ou juste un client avait eu une arme, ou si l'un de vous dans l'assistance avait été là avec une arme pointée dans la direction opposée, les terroristes auraient fui ou se seraient fait tirer dessus, et ça aurait été une toute autre histoire."

"Va te faire fout**"

Les familles des victimes sont sous le choc. De nombreux internautes français ont tout simple suggéré à Donald Trump "d'aller se faire fout**".

Philippe Duperron, le président de l'association Treize novembre, fraternité et vérité, a aussi exprimé sa colère. "Notre réaction, c'est d'abord du dégoût face à des clowneries inacceptables", a-t-il déclaré à l'Huffington Post.

"C'est d'autant plus choquant que cela intervient quelques jours seulement après la visite d'Etat du président de la République à Washington où ce dernier a été reçu en 'ami'. C'est pourquoi nous allons demander une réaction officielle de la part de la diplomatie française condamnant sereinement et fermement ces propos", a affirmé l'homme qui a perdu son propre fils, Thomas, durant l'attaque au Bataclan.

La France a fait part de sa "ferme désapprobation" peu de temps après le speech de Donald Trump. "La France exprime sa ferme désapprobation des propos du président Trump au sujet des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et demande le respect de la mémoire des victimes", a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, dans un communiqué relayé ensuite dans Le Monde.

Propos honteux

L'ancien président français, François Hollande, a quant à lui répondu sur Twitter. "Les propos honteux et les simagrées obscènes de Donald Trump en disent long sur ce qu'il pense de la France et de ses valeurs. L'amitié entre nos deux peuples ne sera pas entachée par l'irrespect et l'outrance. Toutes mes pensées vont aux victimes du 13 novembre", a-t-il écrit.

Et même son de cloche du côté du Premier ministre de l'époque, Manuel Valls. Il a également réagi sur Twitter. "Indécent et incompétent. Que dire de plus?", a-t-il écrit, en partageant un article de l'AFP sur le sujet.

La Maire de Paris, Anne Hidalgo, a quant à elle déclaré sur Twitter que la mise en scène des attentats de 2015 par le président Trump était "méprisante et indigne".

Une source à l'Élysée a indiqué ce matin à l'Huffington Post que la présidence "n'entendait pas réagir dans l'immédiat au sketch de Donald Trump". Philippe Duperron a aussi exprimé son refus d'agir dans la précipitation. "Trump ne communique que sur Twitter. Ne rentrons pas dans ce jeu-là. Il faut un communiqué officiel calme et posé, et pas dans l'urgence des réseaux sociaux", a-t-il dit.

Si les attentats de Paris ont fait 130 morts et 413 blessés, 30.000 personnes meurent chaque année aux États-Unis par arme à feu.

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