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Après avoir souffert en plein soleil, 20.000 poussins ont été gazés à l'aéroport de Bruxelles

8 mai 2018

Quelque 20.000 poussins ont été gazés ce dimanche soir à Brussels Airport, pour soi-disant "abréger la souffrance" des survivants. Car plus tôt dans la journée, ils sont restés en plein soleil sur le tarmac de l'aéroport. Le plus terrible dans l'histoire est que cet acte odieux a été exécuté à la demande du service flamand du Bien-être animal.

C'est le scandale qui secoue la Flandre et fait trembler de rage les organisations de défense de la cause animale depuis ce matin. Un conteneur, dans lequel se trouvaient 20.000 poussins, était censé partir ce samedi de Zaventem vers Kinshasa, capitale du Congo. Mais l’avion n’a jamais pu décoller en raison de problèmes techniques, même après une seconde tentative le lendemain, relatent ce mardi les journaux du groupe flamand Mediahuis.

Le conteneur a alors été laissé à l'abandon sur le tarmac de l'aéroport, en plein soleil. Plutôt que de l'entreposer à l'intérieur, à l'abris. Quelques heures plus tard, les oisillons tiraient, bien évidemment, une drôle de tête.

"Pour abréger leur souffrance"

"Dimanche soir, un certain nombre de poussins étaient déjà morts, nous avons donc proposé à l'exportateur de reprendre le container, mais il a refusé. Nous avons alors envoyé un vétérinaire sur place et décidé d’en finir avec les animaux pour abréger leur souffrance", raconte au Standaard Brigitte Borgmans, porte-parole du Service Environnement (qui a le Bien-être animal dans ses attributions) au gouvernement flamand.

Les pompiers du service incendie de l'aéroport ont donc été appelés à la rescousse, mais tous ont refusé de tuer les oisillons. La caserne de Zaventem a alors été contactée, et l'un de ses pompiers a finalement accepté de faire le sale boulot.

Et c'est ainsi que le conteneur a été recouvert de film plastique pour le rendre hermétique et que les 20.000 poussins à l'intérieur sont morts, asphyxiés au CO2. Le tout, en totale conscience et même à la demande du service flamand du Bien-être animal.

"Pas de différence entre les paquets d'Amazon et les animaux"

Cette sordide histoire a mis hors d'eux plusieurs députés flamands. "Il s'est avéré que la solution la plus respectueuse envers les animaux est de les tuer. Il n'y a finalement pas de différence entre les paquets d'Amazon et les animaux", a vivement réagi au Morgen le député Groen Hermes Sanctorum. Même son de cloche chez son collègue Bart Caron (Groen). "C'est possible dans un pays où le ministre Ben Weyts est le roi des animaux", tacle-t-il le ministre flamand du Bien-être animal.

Le député N-VA, Jelle Engelbosch, parle lui, toujours au Morgen, d'une "décision nécessaire pour arrêter la souffrance animale". Il tient pour responsable le transport actuel et la mondialisation. "Nous devons fondamentalement nous interroger sur les exportations d'êtres vivants, qui sont envoyés à travers le monde comme des produits économiques". Et précise que "le ministre Weyts négocie déjà au niveau européen pour durcir la réglementation en vigueur".

En attendant, l’agence gouvernementale a dressé un procès-verbal contre l’exportateur pour violation de la loi sur le bien-être animal. De son côté, l'association de défense des droits des animaux, GAIA, "demande à ce que soit mis un terme à ce commerce, comme c'est déjà le cas avec les oiseaux exotiques", a-t-elle fait savoir sur Twitter.

Une telle histoire qui se passe encore en 2018 est tout simplement inconcevable.

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