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Airbus et Boeing pourraient perdre 32 milliards d'euros à cause de Trump et de l'Iran

10 mai 2018

Boeing et Airbus risquent de perdre plusieurs contrats de taille avec des compagnies aériennes iraniennes à cause des sanctions annoncées par le président Trump et de la sortie des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien. En chiffres, ça donne plusieurs dizaines de milliards d'euros.

En décembre 2016, Airbus a signé un contrat pour fournir 100 avions à la compagnie aérienne nationale Iran Air. Prix du service? Environ 18 milliards de dollars au prix catalogue. Soit 15 milliards d'euros. Le groupe aéronautique européen n'a pour l'instant livré que trois avions sur ces 100 et avec les sanctions économiques que Trump veut imposer à l'Iran parallèlement à sa sortie du JCPOA, cela semble bien compromis.

Boeing devait livrer 80 avions à Iran Air pour 2025, révèle le Washington Post. Avec la sortie des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, ce contrat est bon pour la poubelle et le constructeur d'avion américain perd du coup une affaire valant 17 milliards de dollars. À cela, il faut ajouter à un autre accord concernant 30 avions que Boeing devait fournir à la compagnie iranienne Aseman Airlines pour 3 milliards de dollars.

Économiquement, ces compagnies sont les premières victimes de la décision de Trump: tous ces contrats réunis donnent une valeur de 38 milliards de dollars, soit 32 milliards d'euros. Une perte qui est non-négligeable, même pour ces géants de l'aéronautique.

Impact sur les grandes industries

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a déclaré que l'administration Trump annulait également les dérogations pour la vente de pièces d'avions commerciaux, a noté le Post. "Ces sanctions ont un impact sur toutes les grandes industries", a déclaré Mnuchin. "Ce sont des sanctions très, très fortes qui ont bien fonctionné la dernière fois. C'est pourquoi l'Iran est revenu négocier."

"Nous sommes en train d'analyser avec le plus grand soin les récentes annonces concernant l'Iran et nous déciderons des prochaines étapes selon nos politiques internes et dans le respect total des sanctions et des réglementations en matière de contrôle des exportations. Cela devrait prendre quelque temps" a réagi Airbus.

Du côté de Boeing, on reste modéré: "nous consulterons le gouvernement américain sur les prochaines étapes. Comme nous l'avons fait tout au long de ce processus, nous continuerons de suivre l'exemple du gouvernement américain ", a déclaré le vice-président de Boeing, Gordon Johndroe, dans un communiqué.

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