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Donald Trump et Kim Jong-un se rencontreront à Singapour, mais pourquoi cette destination?

11 mai 2018

C'est officiel, le président américain et le leader nord-coréen se rencontreront le 12 mai prochain à Singapour. C'est Donald Trump himself qui a annoncé la nouvelle sur son compte Twitter ce jeudi après-midi. Pourtant, Singapour n'était, au départ, pas la destination favorite en lice pour accueillir ce sommet historique. Alors pourquoi ce choix?

Ce sera l'événement de l'année. La rencontre entre le leader nord-coréen, Kim Jong-un, et son homologue du sud, Moon Jae-in, le 27 avril dernier, était déjà historique puisqu'il s'agissait d'une grande première depuis la Guerre de Corée (1950-53). Mais celle entre Kim Jong-un et Donald Trump sera vraiment quelque chose, car jamais dans l'histoire un président américain n'a rencontré un dirigeant nord-coréen, du moins officiellement. D'autant plus que les deux n'ont cessé ces derniers mois de s'échanger insultes et menaces d'attaque nucléaire.

Annoncée au mois d'avril, cette rencontre a depuis fait l'objet de nombreux fantasmes et spéculations quant à la date et le lieu où les chefs d'État se serreront la pince. Fin du suspense, Donald Trump a annoncé sur Twitter ce jeudi que l'événement prendra place à Singapour le 12 juin prochain. "Nous essayerons tous les deux d'en faire un moment spécial pour le paix dans le monde", a-t-il conclu son tweet. Mais la question qui brûle toutes les lèvres est: pourquoi Singapour?

Un territoire "amical" et neutre

En effet, de nombreux autres pays s'étaient portés candidats pour accueillir les deux leaders, parmi lesquels la Chine, le Vietnam, la Mongolie, la Russie, la Suisse, la Suède, ou encore Panmunjom, le village situé dans la Zone démilitarisée, qui divise la péninsule depuis près de 70 ans, et qui avait été choisi pour le sommet intercoréen.

Cette dernière destination, qui avait la préférence de Trump, n'a pas été retenue, car elle aurait fait de Kim Jong-un l'hôte et l'aurait donc placé dans une position de supériorité. C'est aussi pour cette raison que ni la capitale nord-coréenne, Pyongyang, ni aucune ville aux États-Unis n'a été choisie. Après réflexion, la décision finale se jouait entre Singapour et la Mongolie. Mais pour des raisons de sécurité et pour sa proximité avec la Chine, la Mongolie n'a pas non plus été retenue, selon des officiers américains relayés par le quotidien japonais The Asahi Shimbun.

Au contraire, Singapour a été considéré comme un territoire "amical" pour les États-Unis comme pour la Corée du Nord. Cette cité-État insulaire, située au sud de la Malaisie, constitue une véritable porte d'entrée entre l'Est et l'Ouest, le monde asiatique et occidental, et est d'ailleurs surnommée la Suisse de l'Asie. C'est donc un terrain "neutre" approprié pour parler de paix mondiale et de dénucléarisation de la Corée du Nord.

Petit problème d'avion pour Kim Jong-un

En outre, Singapour est un allié fort des Américains et la marine US se rend régulièrement dans ses ports. Les États-Unis comme la Corée du Nord y ont également leur ambassade, ce qui est plus pratique pour organiser la rencontre, indique encore le quotidien japonais. Une source de la Maison-Blanche souligne au Washington Post que plusieurs responsables américains et nord-coréens s'y sont d'ailleurs déjà retrouvés par le passé.

Mais selon le quotidien américain, les raisons sont aussi et surtout pratiques. Kim Jong-un ne possède, en effet, pas d'avion moderne capable de survoler l'océan Pacifique ou de traverser l'Europe sans escale. L'avion personnel du leader nord-coréen est un appareil Ilyu­shin Il-62 datant de l'ère sovié­tique, vétuste et peu fiable, précise un expert au journal. D'ailleurs, pour son tout premier voyage diplomatique depuis son arrivée au pouvoir, qui s'est déroulé à Pékin fin mars, Kim Jong-un avait fait le voyage... en train.

"Concernant le fait de pouvoir voyager n'importe où, ce ne serait pas un problème, les Sud-Coréens ou les Suédois lui auraient offert le trajet", explique Victor Cha, analyste au Centre d'études stratégiques et internationales et directeur de l'Asie au Conseil de sécurité nationale sous le président Bush. "Mais cela aurait été embarrassant", souligne-t-il.

Et c'est clair, cela aurait été un fameux signe de faiblesse de la part d'un pays qui se vante depuis des mois d'être capable d'acheminer un missile nucléaire jusqu'aux États-Unis et qui a menacé le monde entier de balancer une bombe à hydrogène.

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