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Champagne pour les climatosceptiques: Trump annule un programme d'observation des gaz à effets de serre

11 mai 2018

L'administration du président Donald Trump a tranquillement tué le CMS, révèle le magazine Science. Le CMS, c'est ce programme d'observation des émissions de gaz à effets de serre, un programme à 10 millions de dollars annuels géré par la NASA. En le tuant, Trump et les climatosceptiques n'auront plus de preuves du réchauffement climatique. Pratique.

Il y a une formule qui revient souvent dans les bibles de management qui dit: "Ce qui ne peut pas être mesuré, ne peut pas être géré". Trump a sans doute tenté d'appliquer cette maxime avec le réchauffement climatique. Maintenant que les gaz à effets de serre ne seront plus mesurés, le problème du réchauffement ne sera plus le sien.

L'administration Trump a récemment mis fin à un système de surveillance de l'agence spatiale américaine Nasa des gaz à effet de serre, a révélé le journal américain Science. Ce système de surveillance du carbone (CMS), est un projet qui reçoit 10 millions de dollars (8,3 millions d'euros) par an de la Maison Blanche pour suivre à distance les flux mondiaux de dioxyde de carbone et de méthane.

Excuse: le budget

Le porte-parole de la NASA, Steve Cole, a déclaré à Science que le CMS avait été annulé à cause de "contraintes budgétaires et de priorités plus élevées dans le budget de la science". Mais pour beaucoup, cela cache une volonté d'avoir les mains libres de la part du président Trump - climatosceptique notoire qui s'est retiré de l'accord de Paris l'année passée.

Le Congrès américain a bloqué à plusieurs reprises les coupes budgétaires que l'administration Trump voulait imposer au programme Earth Science (Science de la terre) de la NASA. Ce programme comprend le système de surveillance. Mais, vu que la nouvelle loi fiscale de Trump n'a pas directement mentionné le projet CMS, l'administration a pu y mettre fin, a ajouté Steve Cole.

But: adieu l'accord de Paris

Les employés de la NASA qui travaillent au CMS vont pouvoir continuer à employer les subventions existantes mais aucune nouvelle recherche ne sera autorisée. Pour de nombreux observateurs, cette mesure a pour but de laisser les industries polluer sans être inquiétées par les défenseurs de l'environnement et les accords de Paris.

Car, comme le dit la professeure Kelly Sims Gallagher, directrice du Centre pour l'environnement international et de la politique des ressources de l'Université Tufts: "Si vous ne pouvez pas mesurer les réductions d'émissions, vous ne pouvez pas être sûr que les pays adhèrent à l'accord".

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