© epa, Getty Images

Ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem: la paix à l'intérieur, des Palestiniens qui meurent dehors

14 mai 2018

Aujourd'hui à Israël, on fêtait son 70ème anniversaire et l'ouverture de l'ambassade américaine. Le beau-fils du président américain Donald Trump, Jared Kushner a rencontré et discuté avec toutes les personnes présentes. Lui, ainsi que Mike Pompeo, ministre des Affaires étrangères américain, ont parlé de "paix". Alors que, à la frontière palestinienne, 52 palestiniens ont été tués et 2.400 blessés. 

Vers 15h ce lundi, l'ambassade américaine ouvrait ses portes à Jérusalem, c'était un véritable évènement. Le président américain Donald Trump n'a pas pu y assister, mais il a tout de même envoyé un message vidéo pour s'exprimer: "Aujourd'hui, nous ouvrons officiellement l'ambassade américaine à Jérusalem", a-t-il déclaré. "Cela prend du temps, et pendant des années nous n'avons pas accepté l'évidence. La réalité est que Jérusalem est la capitale d'Israël."

"Perspectives de paix"

La fille et le gendre de Donald Trump, Ivanka Trump et Jared Kushner, ont représenté les États-Unis à l'ouverture de l'ambassade. Kushner a pu parler avec tous les admirateurs de Donald Trump, fort présent cet après-midi: "Quand il fait une promesse, il s'y tient", a-t-il dit. "Nous avons de nouveau montré au monde que l'on peut faire confiance aux États-Unis."

"J'espère que cela (l'ambassade qui s'installe à Jérusalem, ndlr) assurera le fait que nos deux pays deviendront plus forts, que notre peuple sera plus prospère et que notre avenir sera rempli de perspectives de paix", a-t-il conclu.

Le secrétaire d'Etat américain a tenu le même discours que Kushner avec une déclaration dans laquelle il a félicité Trump pour avoir tenu sa promesse. Il a également souligné que les États-Unis étaient toujours attachés à "la paix entre Israël et la Palestine".

Manifestation sanglante

Le contraste avec ce qu'il se passait à l'extérieur de l'ambassade était tout simplement édifiant. Pendant que Pompeo et Kushner parlaient de paix, des manifestations ont eu lieu un peu partout en Israël, et plus spécifiquement dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Selon l'armée israélienne, plus de 35.000 Palestiniens se sont rassemblés à la frontière. Ces mouvements de protestation duraient depuis longtemps, mais ils ont connu, ce lundi, leur apogée. Justement lors de l'ouverture de l'ambassade américaine.

L'armée israélienne avait reçu l'ordre d'empêcher les Palestiniens de traverser la frontière avec Israël et d'ouvrir le feu sur les manifestants. L'armée aurait également utilisé des gaz lacrymogènes pour arrêter les protestants palestiniens. Le bilan est lourd: 52 palestiniens ont été tués, dont six enfants, et 2.400 personnes ont été blessées. Des dizaines de pays et d'organisations, y compris les Nations Unies et Amnesty International, ont affiché leur désapprobation face à cette répression israélienne.

Malgré le nombre de tués et de blessés, les États-Unis sont restés de glace. Personne n'a réagi, pas même le président Donald Trump. Par contre, sur Twitter, il écrivait dans l'après-midi: "C'est un grand jour pour Israël! Félicitations!"

Mais après une longue attente, la Maison-Blanche s'est tout de même exprimée: elle condamne les actes de violence du Hamas et confirme qu'Israël avait le droit de défendre ses frontières. Lorsqu'on demande à l'attaché de presse américain, Raj Shah, si Israël pouvait agir différemment il répond: "Ce sont les actions du Hamas qui ont causé tant de morts. Israël a fait le nécessaire".

Netanyahu se défend

L'armée Israélienne a, de son côté, accusé les organisations comme le Hamas d'organiser de telles manifestations pour mener des attaques contre Israël. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré ce lundi soir que l'armée avait agi par autodéfense: "Tout pays a l’obligation de défendre son territoire", a-t-il déclaré sur Twitter. "L’organisation terroriste du Hamas proclame son intention de détruire Israël, et envoie à cette fin des milliers de personnes pour forcer la frontière", a-t-il ajouté tout en assurant qu’Israël continuerait à agir "avec détermination" pour l’en empêcher.

À présent, les manifestations se seraient arrêtées, même si d'autres protestations sont prévues ce mardi. Cela fait quelques semaines que ces manifestations se déroulent à la frontière. Mais aujourd'hui, avec 52 morts et 2.400 blessés, le 70ème anniversaire d'Israël restera comme le jour le plus sanglant de ces manifestations. C'est également le jour le plus meurtrier en bande de Gaza depuis 2014. Au total, 90 personnes ont perdu la vie depuis le début de ce mouvement de protestation.

Jérusalem

Trump a déjà reconnu Jérusalem comme la capitale officielle d'Israël début de décembre 2017. Suite à cette annonce, il avait décidé de déplacer l'ambassade, qui était alors encore basée à Tel Aviv. Ce faisant, il est allé contre le monde entier et, selon de nombreux observateurs, il a mis en péril la stabilité et la sécurité dans la région.

Le contraste entre les sourires dans l'ambassade et le bain de sang à la frontière ne pouvait pas être plus saisissant

© Getty Images
© Getty Images
© Getty Images
© Getty Images
© Getty Images
© Getty Images
© Getty Images
© Getty Images

Déjà lu?

Déjà lu?