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"L'armée israélienne a délibérément tué des manifestants palestiniens"

15 mai 2018

Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir aujourd'hui en urgence pour parler de la violence meurtrière à la frontière israélienne avec Gaza. Hier, selon l'armée israélienne, 35.000 manifestants palestiniens se sont rassemblés à la barrière frontalière. L'armée israélienne a ouvert le feu. Au moins 58 Palestiniens ont été tués. L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International dénonce une "violation abjecte des accords internationaux". Selon Amnesty, l'armée israélienne a délibérément tué des manifestants palestiniens. L'ONG a utilisé l'expression "crimes de guerre".

Selon le ministère palestinien de la Santé, plus de 2.700 personnes ont été blessées. Le massacre de Gaza a fait de ce lundi le jour le plus meurtrier depuis 2014.

Les Etats-Unis ont bloqué lundi l'adoption d'un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU demandant la tenue d'une enquête indépendante sur le massacre de Gaza.

"Le Conseil de sécurité exprime son indignation et sa tristesse face à la mort de civils palestiniens exerçant leur droit à manifester pacifiquement", peut-on lire dans le projet de texte, selon l'AFP.

L'envoyé palestinien de l'ONU veut que le Conseil de sécurité condamne la violence de l'armée israélienne. Et l'ambassadeur d'Israël veut que le Conseil réprimande le Hamas.

Selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les actions d'Israël n'étaient que de la légitime défense contre le Hamas, le groupe dirigeant dans la région.

"Chaque pays a le droit de protéger ses frontières. L’organisation terroriste du Hamas déclare son intention de détruire Israël et envoie des milliers de personnes pour forcer la barrière de la frontière à cette fin", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. "Nous continuerons à agir avec détermination pour défendre notre souveraineté et nos citoyens."

Point critique

Les manifestations à la frontière avec Israël se poursuivent depuis des semaines, mais ont atteint un point critique hier. Il y a exactement soixante-dix ans, Israël a déclaré son indépendance et les Palestiniens la considèrent comme une catastrophe.

Au même moment, se tenait l'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem lundi après-midi. Au cours de la cérémonie, Jared Kushner, le beau-fils du président américain Donald Trump, et Netanyahu ont tenu des discours. Netanyahu a parlé d'un "jour merveilleux", dont on se souviendra comme "historique". Trump lui-même était absent à l'ouverture de l'ambassade.

Pour Amnesty International, la répression d'Israël est une "violation abjecte du droit international et des droits de l'Homme à Gaza. Selon Amnesty, l'armée israélienne a délibérément tué des manifestants palestiniens. C'est la raison pour laquelle Amnesty a employé l'expression "crimes de guerre".

Les images de Gaza ont été décrites par Amnesty comme "extrêmement troublantes". Israël utilise une violence excessive et la situation risque de devenir complètement incontrôlable selon l'ONG.

"Partenaires de crime"

Les voisins d'Israël, l'Egypte et la Jordanie, ont vivement réagi à l'escalade de la violence. Le gouvernement jordanien a dénoncé une "violence criminelle et excessive contre les Palestiniens sans défense".

Le ministère turc des Affaires étrangères a affirmé qu'Israël avait été encouragé à tuer des dizaines de Palestiniens en déplaçant l'ambassade américaine à Jérusalem. Le président Erdogan a estimé que les Etats-Unis et Israël étaient partenaires d'un crime contre l'humanité.

Le ministre français des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a appelé Israël à faire preuve de retenue au lieu d'utiliser la violence. La Maison Blanche attribue la responsabilité des morts à un parti, le Hamas, et affirme qu'Israël a le droit de se défendre.

L'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a demandé une grève générale pour la Cisjordanie et la bande de Gaza en hommage aux dizaines de Palestiniens morts dans les manifestations anti-israéliennes.

Simona Frankel: "Les 55 morts à Gaza étaient tous des terroristes"

Invitée dans le studio de La Première ce mardi matin, l'ambassadrice d'Israël Simona Frankel s'est exprimé par rapport aux évènements de la veille. "Je regrette beaucoup pour chaque humain qui est décédé même si ce sont des terroristes" déclare-t-elle. "Ce sont 55 terroristes qui ont tenté de franchir la barrière pour entrer dans le territoire. Le Hamas est le seul responsable. Ils ont décidé de sacrifier leurs frères et soeurs pour une guerre médiatique."

Elle finit par se justifier: "Nous voulons défendre, protéger notre territoire. Nous préférons avoir des critiques que des condoléances plus tard."

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