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OPINION: Roberto, pourquoi n'as-tu pas eu les balls de dire la vérité au sujet de Radja?

21 mai 2018

opinionLa décision de Roberto Martinez de ne pas prendre Radja Nainggolan en Russie est défendable. Mais il aurait dû le faire. L'entraîneur national n'a littéralement qu'un seul job: montrer du leadership. Soit vous expliquez pourquoi il ne fait pas partie de la sélection. Soit vous restez là. Parce que quiconque a peur de sa propre ombre ne mérite pas le travail de leader. 

J'ai eu la chance d'écouter Roberto Martinez dans un groupe d'une vingtaine de personnes. C'était à propos du leadership. Il était interviewé par un journaliste aux questions aiguisées. Les questions étaient donc vives, et les réponses féroces. Le journaliste était face à des portes closes et Martinez n'a rien laissé passer. Nous avons tous été impressionnés par son esprit, son éloquence, son honnêteté. Il nous a clairement laissé un sentiment de "wow".

Et le contraste avec son attitude d'aujourd'hui est gigantesque. Il est regrettable que Martinez n'ait pas appliqué toutes ses belles leçons sur le leadership dans la présentation de sa sélection.

Car qu'on se le dise: le métier de sélectionneur n'est pas si difficile en Belgique. Du moins, en ce qui concerne le côté purement sportif. Jamais auparavant la Belgique n'avait eu autant de talents à sa disposition pour composer son équipe de Diables. Il n'a jamais été aussi facile d'être sélectionneur surtout en passant après un prédécesseur chahuté.

La presse et les fans indignés

Normalement les discussions à propos du rôle d'entraîneur national devraient se limiter à des questions tactiques: jouons-nous avec quatre arrières ou trois? Mais Martinez a réussi à détourner tout le monde de cette question et la diriger vers sa propre capacité de leadership.

On peut être assez bref sur une chose: d'un point de vue sportif, la non-sélection de Radja ne peut pas être expliquée. Et cela va donner à boire et à manger à la presse et aux fans. Tielemans et pas Nainggolan? Lol!

Tout le monde sent donc que le problème est ailleurs. S'agit-il d'une dynamique de groupe? D'après les propos de Martinez, ce serait en effet le cas. En soi c'est parfaitement défendable: en tant que leader, il est de son devoir de ne pas seulement sélectionner 23 joueurs (28 pour le moment d'ailleurs), mais surtout, de choisir une équipe qui peut devenir championne du monde. Et on ne veut pas de pomme pourrie là dedans. Parce qu'il ne faut pas exclure que certains signaux viennent du groupe lui-même. Mais le problème ici, est l'approche de Martinez pour résoudre ce problème, qui est indigne d'un vrai leader.

Leadership insouciant

Il aurait fallu être clair depuis longtemps: il suffisait de dire que c'est la personne de Nainggolan qui ne correspond pas.

Mais cet argument d'une personnalité irréconciliable est très caduc aussi: pourquoi l'inclure à la sélection quelques semaines avant et maintenant plus?

Martinez a donc inutilement laissé la porte à moitié ouverte au cours des derniers mois et provoqué lui-même cette situation de tension autour de la sélection elle-même. Et donc il commence sa Coupe de Monde avec une polémique inutile et inconfortable. Clairement, la non-sélection d'un milieu de terrain de cette qualité comme Radja, révèle déjà la négligence et l'insensibilité du management des Diables Rouges.

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