Décryptage: ce qu'il faut retenir du Grand Baromètre politique

9 juin 2018

Comme chaque trimestre, Le Soir-RTL-TVI-Ipsos-VTM-Het Laatste Nieuws s'associent pour délivrer leur Grand Baromètre politique. Si la N-VA perd quelques plumes, ce n'est pas le cas de Theo Francken qui est de plus en plus populaire, tant au nord qu'au sud du pays et à Bruxelles.

1. En Flandre

Il ne faudrait pas croire que la N-VA est à la ramasse. Mais en perdant quelque 5% par rapport au précédent baromètre de mars dernier, les régionalistes ont dû avaler leur café de travers ce matin en lisant le journal.

Ils restent toutefois largement en tête en Flandre (26,5%) devant le CD&V (15,3%) et l'Open VLD (13,9%) qui reprend quelques couleurs, tout comme Groen qui continue son envolée (4e, 12,4%). Lentement mais sûrement, le sp.a s’enfonce à 11,7%.

Entre arrogance, déclarations borderline et nécessaire chute (quand on atteint de tels sommets), les raisons de ce coup de mou de la N-VA sont multiples. Mais cette piqûre de rappel pour la N-VA arrive au bon moment, à cinq mois des élections fédérales et régionales (mai 2019). Ils pourront sans doute corriger le tir ou du moins ne pas s’asseoir sur leurs acquis. Aussi, sur les questions migratoires, il ne faut pas oublier que la grande majorité des Flamands se rangent derrière Théo Francken.

Au niveau des personnalités politiques, le trio de tête ne bouge pas avec Theo Francken, Bart De Wever et Charles Michel, qui continue à être audible pour 56% des Flamands. À noter que Kris Peeters (CD&V) chute lourdement (3 places) en 7e position.

2. En Wallonie

Tiens tiens qui revoilà, c'est le CDH! Pas de quoi pavoiser pourtant alors que plus de 2/3 des listes communales du CDH n'en porteront pas le nom. Mais au niveau régional, le parti humaniste reprend des couleurs sans toutefois passer la barre des 10%.

Au niveau des partis dominants, le PS reste en tête et se stabilise par rapport à mars denier (23,4%), tandis que le MR, deuxième, perd un peu plus d'1% (20%). Le PTB après son formidable bond accuse le coup. Il est vrai qu'on ne voit plus trop Raoul Hedebouw et ses troupes au-devant de l'affiche. Ils passent derrière (12,8%) Ecolo qui se maintient à 13,2%. On notera également le sursaut du PP de Modrikamen (7,3%), qui ne lésine pas sur les moyens pour revendiquer son côté anti-migration.

Un sursaut de la droite de la droite, souvent ténu au sud du pays, mais qui éclabousse toute l'Europe, de l'Autriche à l'Italie en passant par la Slovénie.

Au niveau des personnalités politiques, Paul Magnette est toujours sur la première place du podium en compagnie d'Olivier Maingain (dont le parti ne dépasse pas 5,9% des intentions de vote) et Elio Di Rupo, collé par Theo Francken à la 4e place. Ecolo, de son côté, ne joue pas sur ce tableau-là: quand Dupriez prend la 29e place, Zakia Khattabi, Bruxelloise, n'y figure même pas.

3. À Bruxelles

Si DéFI n'est pas à la fête en Wallonie (15,4%), il va tout autrement à Bruxelles. Le parti d'Oliver Maingain est 2e devant le PS, qui poursuit sa chute (14,2%), et le MR, en baisse (17%). Ecolo se tasse un peu tandis que le PTB et le cdH sont en progrès, tout comme la N-VA (6,7%).

Ce bon score, DéFI le doit en partie grâce à son président qui est la personnalité politique préférée des Bruxellois (43% de favorables). Il est suivi par un étonnant Paul Magnette, pourtant discret, mais dont on attend toujours qu'il reprenne les rênes du Parti socialiste 2.0. Et enfin, Didier Reynders qui n'a pas caché ses intentions régionalistes.

Notons enfin que le Parti Islam qui a suscité de grandes craintes ces dernières semaines fait le même score qu'en 2014: 1;9% des votes, soit pas suffisant pour obtenir un siège au parlement.

Gouvernement Charles Michel II?

Au-delà des chiffres, renouveler le gouvernement Michel II parait de plus en plus difficile. Les points de tensions se sont succédé ces derniers temps entre la N-VA et ses partenaires: le MR, le CD&V et l'Open vld. Le pacte énergétique, les sorties de Theo Francken, l'affaire Mawda, mais aussi le dossier des pensions, autant d’accrochages qui usent la majorité fédérale.

Les prochains six mois seront décisifs. Une alliance PS-Ecolo-PTB pourrait en effrayer plus d'un, voire même donner quelques sueurs froides au nord du pays. Dans une telle configuration, le blocage du pays parait certain. Mais le MR et Charles Michel auront leur carte à jouer. Un gouvernement Michel II reste l'hypothèse la plus probable à ce jour.

D'ici là, les élections communales du 14 octobre prochain auront entre temps redistribué quelques cartes.

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