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Rapport inquiétant: le réchauffement climatique va de plus en plus vite

15 juin 2018

Les pays vont devoir adapter leurs intérêts économiques s'ils veulent réduire les catastrophes climatiques. Si aucune "mesure rapide et de grande envergure" n'est prise, la Terre augmentera de plus de 1,5 degré d'ici 2040. C'est ce qui ressort du nouveau rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), le comité d'observation du climat des Nations Unies.

En réalité, le rapport n'était pas censé être rendu public avant octobre. Mais une version est déjà disponible pour les gouvernements et les experts et celle-ci a été divulguée par l'agence de presse Reuters.

Selon le rapport, les pays devront être prêts à faire des concessions sur leurs intérêts économiques s'ils veulent réduire les dommages climatiques. Un pas que de nombreux pays - malgré les jolies promesses faites lors des accords pour le climat - ont encore du mal à accepter.

Toutefois, ne rien faire serait pire pour l'économie. Le réchauffement de la planète serait encore plus dommageable pour l'économie à long terme, révèle le rapport. À cause du réchauffement de la planète, de nombreuses régions vont devoir faire face à des inondations ou de longues périodes de sécheresse. Les pays en développement seront les plus touchés par ces conséquences, non seulement sur le plan humanitaire mais aussi sur le plan économique.

Accord sur le climat

Depuis le début de l'ère industrielle, la température moyenne sur Terre a augmenté de 1 degré. En ce moment, la température augmente de 0,2 degré par décennie.

Les chiffres figurant dans le rapport ne diffèrent pas sensiblement des estimations précédentes, mais 25.000 observations de scientifiques ont été ajoutées dans ce rapport au cours de la période écoulée. Auxquels il faut également ajouter un paquet de nouveaux documents scientifiques.

En 2015, environ deux cents pays ont fait la promesse à Paris de maintenir la température au-dessous de 2 degrés, de préférence inférieure à 1,5 degré. Cet accord a été un grand succès mais il a fallu que l'un des pays les plus pollueurs du monde - les États-Unis - se retire. En juillet dernier, le président Trump a annoncé qu'il ferait passer les intérêts économiques de son pays avant ceux du climat.

Élévation

Avant-hier, on a appris que le niveau de la mer montait encore plus vite que ne le pensaient les chercheurs, car la fonte de glace en Antarctique a triplé au cours des dix dernières années. Chaque seconde, la quantité de glace qui fond est équivalente à trois piscines olympiques pleines d'eau.

Au cours des 25 dernières années, la fonte de l'Antarctique a contribué à une élévation du niveau de la mer de près de 8 millimètres. Cela peut sembler négligeable, mais la recherche menée par IMBIE (un consortium international de 84 scientifiques) montre que 40% de cela s'est produit au cours des cinq dernières années. La font ne fait donc que s'intensifier.

L'Antarctique contient suffisamment de glace pour provoquer une élévation du niveau de la mer de 58 mètres. À un certain moment, un point de basculement sera atteint: la fonte des glaces ne pourra plus être arrêtée et il n'y aura pas de retour possible.

Hier, encore des nouvelles alarmantes

Hier, des nouvelles alarmantes sont arrivées. Elles concernent l'autre pôle. Autour du Spitzberg (près du Groenland), il n'y avait jamais eu si peu de glace en mer à cette époque de l'année depuis le début des mesures.

C'est ce que montre, par exemple, les données de l'Institut météorologique norvégien. La température moyenne sur le Spitzberg a déjà augmenté de deux degrés. La perte de glace entraîne une formation de nuages plus importante dans la région polaire. Ces nuages gardent la chaleur en hiver, ce qui a pour conséquence que le Nord se réchauffe plus vite.

Contrairement à l'Antarctique, où personne ne vit, les effets de la fonte autour du Spitzberg se ressentent directement chez la population locale. Les maisons s'effondrent à cause du dégel, des secousses terrestres et parce que la côte s'érode.

Autre danger: les ours polaires affamés. Ces derniers s'aventurent souvent dans des villages à la recherche de nourriture.

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