Michel espère trouver un accord solide avant l'été et ça concerne le travail

27 juin 2018

Une fois de plus, il faudra boucler le budget et une fois de plus trouver un accord. Voici ce qui attend le Premier ministre Charles Michel pour l'été. Il doit faire taire toutes les rumeurs sur les changements de coalition et s'élancer sur la dernière ligne droite vers les élections municipales.

Le Premier ministre Michel connaît bien le scénario: au début, rares sont les observateurs de la Rue de la Loi et même certains partenaires de la coalition qui pensent qu'un accord est possible. C'était le cas pour le tax-shift, et c'était également le cas à l'été dernier, lorsqu'un accord avait dû être conclu avant les vacances ministérielles. Mais à chaque fois, le Premier ministre avait réussi à mettre d'accord tous ses vice-premiers ministres pour présenter ses nouvelles mesures.

Cette fois, Michel croit qu'un accord plus important est possible, axé sur le travail. De plus en plus de gens ont besoin de mettre le pied à l'étrier et la pénurie de travail sur le marché est un sujet qui doit être traité sans attendre. Parallèlement, ces mesures pourraient combler quelques trous dans le budget.

Ce qui est clairement nécessaire de toute façon. Selon les dernières estimations, le gouvernement doit encore trouver 3,7 milliards d'euros. En principe, l'audit pourrait encore avoir lieu à l'automne, mais personne dans la coalition ne veut attendre: à ce moment, il y aura les élections locales et politiquement, presque plus rien ne sera possible. Pour le 21 juillet, c'est ce qui arrange tout le monde. Dans le pire des cas, ce sera début août.

30 mesures, mais jusqu'où iront les partenaires de coalition?

Une trentaine de mesures concernant le travail doivent être prises. Mais les dissensions au sein de la Suédoise sont une réalité avec lesquelles il faudra faire. Le vice-Premier ministre et ministre du Travail Kris Peeters (CD&V) veut se concentrer autant que possible sur le dialogue social et impliquer les syndicats et les employeurs. La N-VA et l'Open VLD veulent aller beaucoup plus loin et donner un réel coup de pouce au marché du travail. Le Premier ministre Michel devra trouver un compromis entre ces deux visions. La discussion féroce qui a opposé récemment Peeters et le ministre flamand du travail, Philippe Muyters (N-VA), au sujet de la pension de transition, n'augurait rien de bon: le débat sera tendu.

À cela, il faut ajouter les rumeurs conflictuelles concernant la prolongation de cette coalition. Les tensions entre Bart De Wever (N-VA) et le Premier ministre sont frappantes. Ce week-end, le président de la N-VA a mis la pression sur le MR et Charles Michel en déclarant que le Rafale, l'avion de combat français qui pourrait remplacer les F-16, était un mauvais choix.

Il se dit actuellement qu'une nouvelle coalition pourrait voir le jour en 2019. Mais une telle dynamique ne peut fonctionner: si Michel veut rester Premier, ce sera toujours avec une équipe de centre-droit. Ce qui serait beaucoup moins évident dans une combinaison qui inclut les socialistes et les verts. Il semblerait également qu'un rapprochement entre le PS et le MR soit à l’œuvre, les deux partis souhaitant s'allier au niveau local dans un certain nombre d'endroits. Du côté de la N-VA, on n'y croit pas: "Attendez la fin de cette élection et vous aurez un débat très différent, un combat très différent", se dit-il au parti flamand.

La N-VA ne veut pas placer un Premier ministre après 2019

Autre point non négligeable: la N-VA a indiqué qu'elle ne briguerait pas le poste de Premier ministre après 2019. Le vice-Premier ministre Jan Jambon (N-VA) a donné une explication sans équivoque: les nationalistes flamands ne revendiqueront jamais le Seize, car ce sera sera toujours compliqué pour les Francophones. En d'autres termes, ils ne font pas obstacle à Michel. En outre, la relation du Premier ministre avec Jambon est également bonne: lorsque Michel est en conflit avec le président de la N-VA, c'est le vice-Premier ministre qui soupire.

La question maintenant est de savoir ce que Michel va mettre sur le feu avec son accord de gouvernement. Si cet accord est réussi et qu'un budget correct est présenté, il pourra aborder l'été et les élections d'un très bon pied. Reste juste à voir comment le Premier ministre réussira cette fois-ci.

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