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Avancée historique au Liban: l'homosexualité n'est plus un crime

15 juillet 2018

L'homosexualité n'est plus considérée comme un crime par la loi libanaise. La Cour d'appel du Mont Liban a révisé l'article 534 du Code pénal libanais qui ne visait pas directement les relations homosexuelles mais interdisait d'avoir des relations sexuelles "contraires aux lois de la nature".

2018 est une année clé pour les droits des LGBT+ au Liban. Pour la première fois dans l'histoire du pays, des candidats aux élections ont inscrits les droits des homosexuels dans leurs programmes, plaçant le Liban parmi les pays du monde arabe les plus avancés dans la protection des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Une quasi centaine de candidats a appelé à la dépénalisation de l'homosexualité.

Le 12 juillet 2018, le Liban a fait un pas supplémentaire pour les LGBT+. Dans un jugement progressif et capital, la Cour d'appel du Mont Liban, présidée par la juge Randa Khoury, a rendu un nouveau jugement affirmant que l'homosexualité n'est pas un crime. Il s'agissait d'un réexamen de l'article 534 du Code pénal libanais, explique le média Beirut.

"Contre nature"

Officiellement, la loi 534 ne visait pas directement les LGBT+. Mais elle interdisait les relations sexuelles qui "sont contraires aux lois de la nature" et cette description était suffisamment vague que pour pouvoir humilier et persécuter les personnes LGBT+.

Compte tenu de l'historique de la procédure et de la nature du jugement, ce verdict représente une étape historique dans l'action judiciaire d'un pays qui, deux mois plus tôt, arrêtait les activistes LGBT+ qui manifestaient durant les Marches de Fierté (Pride).

"Félicitations!"

"Le Liban vient de dépénaliser l'homosexualité. Il n'y avait pas de loi contre l'homosexualité mais les homosexuels étaient poursuivis et humiliés à cause d'une loi qui criminalise "les relations contraire aux lois de la nature". Cette dernière n'est plus valable pour les homosexuels! Félicitations"

Mise-à-jour du 20 juillet:

Suite à notre article, des commentateurs nous ont signalé que les gays au Liban n'étaient pas pour autant protégés. Comme l'explique à l'AFP Karim Nammour, avocat et membre de l'organisation non gouvernementale Legal Agenda, la décision signifie que "les relations homosexuelles ne sont pas un crime, tant qu'elles sont entre deux adultes et ne se produisent pas dans un espace public". Il existe donc d'autres méthodes pour criminaliser les homosexuels et l'une d'entre elles consiste à décrire leur relation comme une atteinte "à la morale publique".

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