Un grand accord est-il encore possible pour Michel? Les F-16, le 4e opérateur télécom et Belfius sont également sur la table

22 juillet 2018

Le Premier ministre Charles Michel (MR) cherche toujours un grand accord pour l'été sur le budget et le "deal pour l'emploi". Avec un certain optimisme: un deal est toujours possible. Même si d'autres dossiers très importants sont toujours en discussion. Parmi lesquels on retrouve le 4e opérateur télécom, la succession des F-16 et le dossier Belfius/Arco.

Les négociations autour d'un grand accord sont-elles relancées au niveau du gouvernement fédéral? "Pas à pleine vitesse", peut-on entendre en coulisses. "Cela ne progresse pas beaucoup", selon une autre source. Mais l'ambition reste la même: trouver un accord d'ici la fin du mois de juillet. Avant que le monde politique ne parte en vacances et dans la perspective des élections communales d'octobre prochain.

Après les festivités de la fête nationale, et son traditionnel défilé militaire, une réunion a déjà eu lieu samedi soir entre le Premier ministre et les vice-premiers ministres (Kern). Ce matin encore, Charles Michel a poursuivi les discussions bilatérales en privé sur plusieurs dossiers chauds. Ils se réuniront probablement un peu plus tard ce dimanche.

Le "deal pour l'emploi"

Nous savons déjà que Charles Michel travaille actuelle sur un "deal pour l'emploi". Il doit mettre fin à un paradoxe persistant dans notre pays: un taux de chômage élevé malgré des pénuries dans plusieurs secteurs d’activité. La semaine dernière le vice-premier ministre Kris Peeters (CD&V) a proposé d'offrir davantage d'allocations en cas de licenciement avant d'en accélérer la dégressivité. Le but: favoriser la cherche de l'emploi selon le ministre. Pour l'opposition, il s'agit d'une proposition qui pousserait les chômeurs vers davantage de pauvreté. L'Open Vld et la N-VA, eux, poussent pour la réforme, voire plus.

À ces discussions, il faut ajouter le dossier sur le budget. Selon les estimations, la création d'emploi devrait ralentir en 2019, ce qui rend l'exercice budgétaire plus compliqué encore. Intervenir sur le marché du travail et poursuivre la création d'emplois a un impact sur le budget fédéral. C'est pourquoi l'Open Vld et la N-VA veulent étendre la dégressivité des allocations et les limiter dans le temps pour certaines catégories. Comme c'est déjà le cas pour les étudiants qui achèvent leur parcours scolaire par exemple. Cela permettrait de combler une partie du budget manquant. 3 milliards pour rappel. Le CD&V promet aussi des mesures incitatives pour favoriser la remise a l'emploi.

Retournement de situation ?

Entretemps, le dossier de la succession des F-16 pourrait connaître un aboutissement qui satisferait l'ensemble des partis de la majorité. Le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) veut absolument qu'une décision tombe. On sait que les F-35 de chez Lockheed Martin ont la préférence de la plupart des audits. Mais le dossier était au point mort, ce qui a exacerbé les tensions entre le Premier ministre et la N-VA

En fait, Charles Michel voulait laisser la porte ouverte aux Rafales français. Mais une tentative de chantage de la part de l'ambassadrice française a changé la donne. Claude-France Arnould suggérait d'exclure la Belgique du projet de Défense européen si elle n'achetait pas le Rafale. Une intervention jugée "inacceptable" par le Premier ministre. Maintenant, la voie est libre pour que les F-35 américains emportent la mise. Plusieurs milliards d'euros sont en jeu.

Ouverture vers un 4e opérateur télécom

Ensuite l'Open Vld et le ministre des Télécoms Alexander De Croo tiennent à ce qu'il y ai davantage de compétition en Belgique concernant les licences pour la 4G et la 5G. Un 4e opérateur pourrait entrer dans la danse avec Télénet, Proximus et Voo. Le patron d'Orange Belgique n'y croit pas, pas plus que le CD&V et la N-VA qui serrent sur les freins. Mais les libéraux veulent qu'une décision tombe.

Enfin, il y a bien sûr le dossier Arco. Le bras financier du Mouvement ouvrier chrétien (ACW), en faillite, a créé la panique auprès des 800.000 coopérateurs d'Arco. Une introduction en bourse de Belfius, sur laquelle le management de la banque insiste et qui pourrait rapporter gros à l'Etat, est pour l'instant bloquée tant qu'il n'y aura pas de solution dans le dossier Arco, a répété Kris Peeters (CD&V). Les coopérateurs devront d'abord être remboursés, insiste-t-il. "Un suicide politique", lui ont répondu les autres membres de la majorité. Le tout est de savoir si cette tentative de régulation de l'Etat est légale. "Ce sera à l'Europe de décider", confie une source sans pouvoir ne faire aucune promesse sur l'avancement du dossier.

Cela fait donc au moins cinq dossiers chauds sur la table. Si le gouvernement fédéral parvient à trouver un accord en one shot, ils pourront ensuite profiter de vacances méritées.

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