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Carlo Di Antonio ne veut plus du gavage wallon

24 juillet 2018

"Je n'ai rien pu faire contre le gavage de oies", déclarait Carlo Di Antonio (cdH) dans un média français après l'adoption du texte sur le Bien-être animal il y a quelques semaines. Le ministre wallon regrettait dès lors une seule chose: ne pas avoir su interdire le gavage d'oies en Wallonie. Mais cela ne saurait traîner. 

D'ici la fin de la législature (2019), Carlo Di Antonio, le ministre du Bien-être animal wallon (cdH) compte encore bien marquer la politique wallonne animale de son empreinte.

Il veut faire de l'interdiction du gavage d'oie pour le foie gras sa dernière grosse bataille avant la fin de son mandat en 2019.

En Flandre et à Bruxelles, l'interdiction de gaver les animaux est sur le point d'être interdite, mais ce n'est pas la même chose en Wallonie. En effet, au niveau économique, c'est cette dernière région qui souffrirait sans doute le plus puisque 9 élevages sur 10 sont situés en Wallonie. Depuis le début du mois de juillet, le ministre humaniste a fait beaucoup parler de lui avec sa fameuse réforme du bien-être animal et notamment l'obligation aujourd'hui pour les propriétaires d'animaux de détenir un permis.

Mais celui-ci risque encore de faire encore du bruit avec cette énième réforme sur le gavage d'oie. En fait, tout se joue déjà au niveau européen. C'est de là que vient le problème le plus important face à l'interdiction du gavage d'oie dans le but de produire du foie gras.

Selon la porte-parole de Carlo Di Antonio qui s'est exprimé dans la Dernière Heure: "L’un des problèmes vient de la nomenclature européenne, que le ministre n’a malheureusement pas réussi à faire évoluer.” Selon celle-ci, en effet, l'appellation foie gras est donnée à un foie qui fait au moins 300 grammes. Or, ceci ne peut pas arriver lorsqu'on nourrit une oie normalement. "Aujourd’hui, le code précise qu’il est interdit de nourrir de force un animal”, reprend-on du côté du cabinet Di Antonio. “Mais les exploitations wallonnes de foie gras bénéficient d’une exception pour exercer. Cette interdiction, réclamée à cor et à cri par Gaïa, ne figure pas dans le code wallon du bien-être animal adopté en juillet."

En France, ou en tout cas dans le quotidien, "Le Parisien" Carlo Di Antonio est considéré comme un véritable précurseur en termes de bien-être animal. En effet, parmi les mesures phares de son texte adopté en juillet, le ministre wallon est particulièrement fier de l'interdiction des poules en batterie, des poneys de foire et l'expérimentation animale. Ce qui, il faut le dire, est déjà pas mal pour une réforme wallonne. Son seul regret, comme il l'avait déclaré à nos collègues français du Parisien, est de ne pas avoir réussi à faire passer une loi contre le gavage des oies. Chose qu'il ne pas laisser aux oubliettes. Le ministre et son équipe se donnent jusque-là fin de cette législature pour espérer faire adopter l'interdiction du gavage en Wallonie.

Mais cette tâche risque de ne pas être facile, voire risque franchement de ne jamais aboutir. En effet, pour le ministre-Président wallon déjà, Willy Borsus et René Collin, ministre de l'Agriculture, cette réforme pourrait n'avoir que des effets négatifs sur la Wallonie économiquement parlant. D'une part, cela représenterait une perte d'emploi pour la Région. D'autre part, les Wallons sont attachés à ce produit wallon. Et enfin, pour le ministre wallon de l'Agriculture, humaniste également, le gavage wallon respecte les règles en vigueur. Et celui-ci rappelle que les oies gavées ne souffrent pas, comme l'indiquent certaines études scientifiques. "Les producteurs wallons sont exemplaires", déclare celui-ci à la DH.

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