#AllonsChercherMacron: des internautes prennent le président au mot et se rendront à l'Elysée        

25 juillet 2018

Après six jours de silence sur l'affaire Benalla, Emmanuel Macron a tenu des mots forts devant son propre fan-club. Faisant son mea culpa, sa manière de communiquer a suscité beaucoup d'interrogations.

"On ne peut pas être chef par beau temps et se soustraire lorsque le temps est difficile. S'ils veulent un responsable, il est devant vous, qu'ils viennent le chercher": par ces mots forts, le président de la République pensait frapper et calmer les esprits. Mais c'est tout l'inverse qui s'est produit.

Emmanuel Macron fustigeait un peu plus tôt, dans le cadre d'une soirée privée parmi ses condisciples, l'attitude de certains membres de l'opposition a qui il reproche d'agir dans l'émotion, parlant d'une "République de fusibles" dans laquelle il faut "faire tomber des têtes".

Le président a adopté une attitude pour le moins offensive en se subordonnant au choix du peuple, celui qui l'a élu.

Sur Facebook et Twitter

Ce peuple, ou du moins une partie de celui-ci, a décidé de le prendre au mot. Sur Facebook, on peut déjà trouver un évènement qui récolte près de 3.000 participations et 15.000 intéressés. Sur Twitter, c'est le hashtag #AllonsChercherMacron qui cartonne. Certains internautes veulent débarquer ce samedi 28 juillet devant les portes de l'Élysée. À voir si ce n'est pas juste un effet d'annonce. On sait les réseaux sociaux très mobilisateurs derrière un clavier, beaucoup moins lorsqu'il s'agit de se bouger.

Il est reproché plusieurs choses au président de la République dans ce qui ressemble être un "mea culpa". D'abord, le président s'est adressé directement à ses troupes. Personne n'est évidemment venu contredire ses propos.

Cela ne s'est ni fait devant l'Assemblée nationale, même si une majeure partie est acquise à sa cause, ni devant les médias, à qui il a adressé de vives critiques.

Critique des médias

Le retour de bâton ne s'est pas fait attendre. La presse a qualifié son intervention de "Trumpienne", alors qu'elle reprochait déjà au président son côté monarchique. Certains se demandent même s'il n'est pas temps de mettre fin à des institutions qui concentrent tout le pouvoir dans les mains d'un seul homme.

En effet, lorsque l'Assemblée parlementaire est acquise à la cause du président de la République, il s'agit de l'homme politique qui jouit du plus de prérogatives dans le monde occidental. Trump à côté, c'est presque la Scandinavie.

Enfin Macron, en prenant son peuple à partie, ne semble pas se rendre compte que sa cote de popularité est en chute libre. Jugé de plus en plus insupportable et hors sol, Emmanuel Macron a déjà, sans le savoir, peut-être fait une croix sur sa réélection. Au président normal a succédé un président au relent monarchique. Deux incarnations du pouvoir qui ne semblent pas plaire aux Français, malgré leurs paradoxes.

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