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Macron change de ton dans l'affaire Benalla et accuse les médias de "raconter beaucoup de bêtises"

26 juillet 2018

Le président français a totalement changé de discours sur l'affaire Benalla. Après avoir fait son mea culpa mardi soir, il s'est dit ce mercredi "fier de l'avoir embauché à l'Élysée". Et au passage, il a glissé quelques tacles violents aux médias.

Dans l'affaire Benalla, qui secoue la France entière et met en péril le gouvernement actuel, Emmanuel Macron était resté bien silencieux pendant près d'une semaine. Ce mardi soir, il s'est enfin exprimé pour la première fois, le minimum que lui impose tant sa fonction que son rôle dans l'affaire, en employant des mots très forts.

Le président français en a remis une couche ce mercredi soir, lors d'un bain de foule improvisé à Bagnères-de-Bigorre (dans le sud-ouest de la France), juste avant de se rendre à un dîner républicain.

"Mais arrêtez de vous exciter comme ça sur cette affaire!"

"J'ai dit ce que j'avais à dire et pris mes responsabilités. J'ai tiré les décisions au bon moment", s'est-il d'abord défendu devant des journalistes de BFM TV et CNews, seuls présents sur place. "Il y a beaucoup de gens qui ont perdu la raison, qui disent beaucoup de choses fausses, qui oublient de les corriger et qui, du coup, ravivent des choses dans le pays sur base de rumeurs ou de fausses informations", a-t-il continué, en visant clairement la presse.

Il a ensuite estimé que la sanction contre Alexandre Benalla était "proportionnée" et que lui, en tant que chef de l'État, avait pris toutes ses responsabilités. "Il a fait une faute, monsieur Benalla, il a été sanctionné (...) Et c'était à mes yeux proportionné, sinon, je leur aurais demandé d’en prendre une autre. Donc, c’est moi qui suis responsable de ça. La justice dira s’il fallait prendre une autre sanction, elle le fera en bon temps." Avant de perdre les pédales et s'énerver sur les journalistes: "Mais arrêtez de vous exciter comme ça sur cette affaire!"

Macron s'est également dit "fier de l’avoir embauché" en tant que chef de cabinet adjoint, "parce que c’était quelqu’un qui était dévoué, qui avait un parcours différent". ll considère qu'il a fait "beaucoup de bonnes choses quand il était à l’Élysée", mais qu'il a néanmoins fait "une faute, réelle, grave", qu'il a "vécue comme une trahison".


"Vous avez dit, ces derniers jours, beaucoup de bêtises"

Il la minimise toutefois: "La République exemplaire à laquelle je crois, ça n’est pas une république infaillible. Tout le monde fait des erreurs." Au passage, il s'en est encore pris, assez rudement, aux médias: "Vous avez dit, ces derniers jours, beaucoup de bêtises sur soi-disant des salaires, des avantages. Tout cela était faux (...) Je ne vais pas chercher des fusibles parce que vous avez envie de voir du sang et des larmes dans le tournant de l'été." Et de conclure: "Il y a des gens qui supportent mal la chaleur et la fatigue. Il faut du calme."

On est ici à des années-lumières des propos qu'il tenait la veille, à l'occasion d'une soirée privée organisée pour clore la session parlementaire. "Le seul responsable de cette affaire, c'est moi et moi seul. Celui qui a fait confiance à Alexandre Benalla, c'est moi, le président de la République. Celui qui a été au courant et a validé l'ordre, la sanction de mes subordonnées, c'est moi et personne d'autre (...) S'ils veulent un responsable, il est devant vous, qu'ils viennent le chercher."

Devant son propre fan-club et en l'absence de tout journaliste, là, Emmanuel Macron reconnaissait ses torts et en assumait l'entière responsabilité.

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