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Tentes incendiées, représailles... Comment le Brésil accueille-t-il les migrants vénézuéliens?

21 août 2018

La crise migratoire au Venezuela s'aggrave de jour en jour. 1 Vénézuélien sur 8 quitte son pays. Et aujourd'hui, cette crise pourrait causer des problèmes avec les pays limitrophes dans lesquels les Vénézuéliens fuient, comme le Brésil. 

Le nombre de migrants vénézuéliens qui arrive à la frontière brésilienne ne cesse d'augmenter. Actuellement, 1 Vénézuélien sur 8 fuit son pays pour des raisons économiques.

Mais ces derniers jours, cet afflux de migrants économiques qui fuient la crise qui frappe leur pays a encore augmenté. En cause? La crise économique est plus grave que jamais. De nouveaux billets de bolívar ont été émis. Mais le gouvernement a dévalué la monnaie "traditionnelle" et lui a retiré 5 zéros. À la place, le résultat cette dévaluation de la monnaie nationale a été ancré à une nouvelle monnaie virtuelle, le Petro. Un moyen un peu bancale, un cache-misère pour sauver l'économie nationale. Si le gouvernement explique que cette mesure est nécessaire pour lutter contre l'inflation qui frappe le pays, en face, on ne voit pas cela d'un très bon oeil.

Pour illustrer l'hyperinflation qui touche le Venezuela aujourd'hui, dis-toi que pour acheter des lunettes de vue, les Vénézuéliens doivent débourser un milliard de bolivars, ce qui vaut plus ou moins 300 dollars. Un kilo d'ail, vaut 32 millions de bolivars (10 dollars). Mais quand on sait que le salaire mensuel minimal est actuellement seulement de 1,5 dollar.... il faudrait une valise remplie avec 10.000 billets de la plus grosse coupure de bolivars pour simplement acheter une paire de lunettes. Imagine un peu, une valise remplie de billets pour acheter tes lunettes?

Cette crise économique et sociale pousse les Vénézuéliens à quitter leur patrie et fuir vers d'autres pays de l'Amérique latine. Mais au Brésil, comme dans d'autres pays, l'afflux de migrants n'est pas très bien vécu par la population locale.

Crise aussi au Brésil

Samedi, un incident a eu lieu dans le ville frontalière de Pacaraima. Un vol et une agression d'un commerçant ont été attribués à un migrant vénézuélien. L'affaire a servi de prétexte à la population et les a conduits à attaquer un camp de migrants en représailles.

120 soldats de l'armée brésilienne ont dû intervenir pour stopper les tensions entre les Brésiliens et les migrants. Selon une Vénézuélienne qui a témoigné pour l'AFP, les Brésiliens auraient incendié des tentes et tout leur contenu. Suite à ces évènements 1200 migrant seraient retournés dans leur pays dans la nuit.

Le hic au Brésil, c'est que la population locale ne vit pas très bien non plus. La crise économique et sociale au Brésil n'est pas encore comparable à celle vécue par les Vénézuéliens, mais le manque de travail, de ressources, de nourriture au Brésil n'encourage pas les habitants à accueillir les bras ouverts les migrants voisins. Il y a en effet une concurrence qui s'installe entre les migrants et les locaux pour l'accès aux maigres ressources et au peu de travail disponibles.

Les autres pays durcissent les contrôles aux frontières

Mes ces tensions aux frontières avec les pays voisins du Venezuela ne vont pas aller en s'améliorant. Car le Brésil n'est pas le seul pays à ne pas voir d'un très bon oeil l'arrivée de ces migrants vénézuéliens. Le Pérou, qui a accueilli 20.000 migrants la semaine dernière a déclaré qu'il allait durcir sa politique fin de mois d'août. En Equateur, les Vénézuéliens sont bloqués à la frontière car on ne leur demande pas seulement leur carte d'identité, mais aussi leur passeport, qu'ils n'ont généralement pas. En Colombie, on craint que le durcissement dans d'autres pays ne provoque le blocage de milliers de migrants. L'Argentine mettra une nouvelle politique migratoire en place et un contrôle plus strict dès septembre.


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