Charles Michel réagit pour sa première au Conseil de sécurité: "Il est désormais clair que le monde est divisé en deux blocs"

26 septembre 2018

Tous attendaient la venue de Donald Trump pour un Conseil de sécurité sous haute tension. Un conseil auquel a pu se joindre Charles Michel. La Belgique y a un statut de pays observateur, avant qu'elle ne devienne membre non permanent en janvier prochain. On en a pris l'habitude, Donald Trump n'a pas mâché ses mots: l'Iran, à nouveau, et la Chine en ont pris pour leur grade. Le président s'est par contre vanté de sa réussite concernant la Corée du Nord. Surprise: il a proposé pour la première fois une solution à deux États au sujet du conflit israélo-palestinien.

Le discours de Trump par rapport à l'Iran n'a pas réservé beaucoup de surprises. Il a appelé le monde entier à empêcher que le pays de Hassan Rohani ne se dote de l'arme nucléaire. Et il a répété l'implication du pays perse dans le conflit syrien, au même titre que la Russie.

Comme pour se donner de la crédibilité, Donald Trump a également vanté sa réussite concernant la Corée du Nord: "Plus aucun test balistique, plus aucun test nucléaire" de la part du régime de Kim Jong-un. Il félicite "son ami" et lui souhaite "paix et prospérité".

Une première

Beaucoup plus étonnant, cette sortie de Donald Trump sur la Chine: il accuse le régime chinois de vouloir interférer dans les élections de novembre prochain (les "midterms"). On n'avait jamais entendu ces mots de la bouche du président.

Enfin, Donald Trump a voulu finir sur une bonne note. Pour la première fois également, le dirigeant s'est montré en faveur d'une solution à deux États concernant le conflit israélo-palestien. Il vise une solution dans les "deux, trois ou quatre mois". On a déjà vu plus précis comme échéance.

Macron change quelque peu de cap

Le discours de Trump n'aura duré que quelques minutes. La parole revenait ensuite au président Macron.

Si le président français a tenu à féliciter l'Iran pour avoir respecté ses engagements malgré la crise de confiance provoquée par les États-Unis, il a émis l'éventualité de renégocier l'accord sur le nucléaire iranien. En tout cas de mener "des discussions plus larges impliquant les questions balistiques et la politique régionale de Téhéran".

Une position plus tranchée que celle de Charles Michel qui appelle au multilatéralisme et qui veut "donner une chance à cet accord (...) sans être naïf". Le Premier ministre, qui a été l'un des premiers chefs d'État à rencontrer Rohani suite aux propos très durs du président américain - il a appelé à renverser le "régime corrompu de Téhéran" - veut, lui, conserver ce dialogue constructif avec l'Iran: "C’est un accord qui donne un canal pour un dialogue politique, pour encourager les forces positives en Iran, celles qui sont prêtes à tenter de moderniser le pays et de renforcer l’économie du pays."

Charles Michel sent la division

Quant au discours de Donald Trump, Charles Michel ne s'est dit pas vraiment surpris, "à l'exception de cette sortie sur la Chine". Le Premier ministre se réjouit du rôle que pourra jouer la Belgique dans le futur, de par son nouveau statut au Conseil de sécurité et son expérience en termes de compromis, dans un Conseil de sécurité "en crise". Pour lui, il est clair que "le monde est désormais divisé en deux blocs, comme autrefois. Sauf que maintenant, l'un croit au multilatéralisme et l'autre n'y croit pas. Il est clair que les États-Unis font partie du deuxième camp. L'Europe s'affirme elle comme le leader du multilatéralisme."

Charles Michel a également rappelé les bonnes relations qu'il entretient avec la Chine et la Russie, "Ce n'est pas rien que je me suis rendu à Moscou et que j'ai rencontré le Premier ministre chinois à Bruxelles." Ces mêmes pays sont eux à ranger dans le premier camp. Ce qui démontre bien la complexité de la politique internationale.

En parlant de difficulté, Charles Michel s'apprête à rencontrer Benyamin Netanyahu cet après-midi. Les points de vue du Premier ministre israélien sont a priori diamétralement opposés à ceux de Charles Michel.

Déjà lu?

Déjà lu?