Charles Michel sort une surprise de son chapeau: un fonds pour lutter contre les "fake news"

8 octobre 2018

C'est ce lundi que le premier ministre a présenté sa déclaration de politique générale à la Chambre. Sous forme de bilan, Charles Michel s'est adressé à des députés attentifs et conciliants. Jusqu'à cette proposition surprise: un fonds de fact checking pour lutter contre les fake news.

Charles Michel a fait le discours attendu devant les députés de la Chambre. À sept mois des élections, le Premier ministre a souligné les actions positives de son gouvernement, notamment au niveau de l'emploi.

Son discours, aussi appelé "State of The Union" a réservé une surprise majeure: la création d'un fonds qui vise à soutenir toutes les initiatives de fact checking (ou vérification des faits). C'est le ministre Alexander De Croo (Open VLD, Agenda numérique) qui a été désigné pour porter le projet.

Un projet qui est le résultat d'une consultation d'experts sur un thème majeur de ces dernières années: les fake news ou "Infox", soit des informations mensongères qui ont pour but de nuire au débat démocratique et parfois d'influencer l'opinion. Le fonds sera lancé au début de l'année prochaine et sera doté de 1,5 millions d'euros.

Critiques ou fake news?

Au moment de l'annonce de cette proposition, l'opposition n'a pu se retenir. Un brouhaha envahissait la salle. Le Premier ministre serait-il en train de dire que les critiques à l'encontre de son gouvernement ne sont pas vérifiées?

On sait Charles Michel particulièrement remonté sur certaines thématiques. Au premier rang desquelles on peut citer la question migratoire. Le Premier ministre n'apprécie pas la manière dont est traité ce sujet, notamment par la presse du sud du pays. Ce nouveau projet peut aussi être compris comme une critique vis-à-vis des journalistes, qui apprécieront.

Reste que la volonté de Charles Michel est d'enrichir le débat démocratique et n'ont pas de l’éteindre: "L’action politique doit être confrontée à la réalité. À la vérité des faits. Plutôt qu’à la facilité des perceptions et des illusions. Nous ne craignons pas l’objectivité des faits. Au contraire nous la souhaitons."

La France connaît déjà ses outils de fact checking. Ils sont souvent intégrés aux rédactions. On peut citer par exemple "Les Décodeurs" du Monde ou encore "Checknews" de Libération. On pense aussi à Hoaxbuster ou encore à Conspiraxy Watch. Tous veillent à vérifier l'information par les faits, qu’elle fasse l'objet d'un canular, d'une mauvaise intention, voire d'une manipulation des masses. On ne sait pas encore quelle forme prendront ces outils en Belgique.

Les tâches à venir

Le Premier ministre est aussi revenu sur ce qui sera les cinq priorités de son gouvernement d'ici la fin de la législature (mai prochain). Outre le Jobsdeal qu'il entend maintenir, le Premier ministre veut aussi appuyer le Pacte d'investissement et la digitalisation.

Il a également un œil, actualité oblige, sur la stratégie énergétique. Mais pas un mot concernant la réduction de la TVA sur l'électricité de 21 à 6%. Le Premier ministre a de nouveau chargé Engie-Electrabel qui assumera le coût de la facture. Il a aussi obtenu une coopération avec l'Allemagne en termes d'approvisionnement, suite à une discussion avec Angela Merkel. Parmi les autres priorités, on peut encore citer les investissements dans la défense (coucou les F-16), et les délicates questions des pensions et des migrations.

De son côté, l'opposition n'a pas traîné à se déchaîner sur les réseaux sociaux pour fustiger l'action du gouvernement, preuves à l'appui. Quand le PS et la FGTB estiment qu'au niveau économique, la Belgique fait moins bien que ses voisins européens, les Verts, eux, ne comprennent pas l'absence des défis climatiques de la déclaration et particulièrement le dernier rapport alarmiste du Giec. Sur 38 pages, seules 6 lignes sont consacrées à un tel enjeu. Trop peu pour Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo à la Chambre.

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