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Le vieillissement devient un vrai problème en Belgique: en 2040, les 67 ans et plus représenteront 22 % de la population

22 octobre 2018

La Belgique vieillit chaque décennie toujours plus. À tel point que les pensionnés deviendront bientôt la deuxième tranche de la population la plus importante. En 2040, les 67 ans et plus devraient être plus de 2,7 millions, et d'ici 2070, plus de 3 millions. La question est : comment financer les pensions de tout ce petit monde ?

Ce n'est pas nouveau, la population belge, tout comme celle de la plupart des pays développés, vieillit petit à petit, et ce depuis à peu près la fin du 19e siècle. Mais ce qui est inquiétant, c'est la vitesse à laquelle ce vieillissement est en train de s'accélérer ces dernières décennies.

En effet, la génération de pensionnés qui arrive, née au moment du baby-boom dans années 50-60 et qui profite en plus des avancées médicales et de l'augmentation de l'espérance de vie, est bien plus importante que les précédentes. Car après cet épisode de boom de naissances, la natalité a chuté et n'est aujourd'hui plus suffisante pour assurer un renouvellement équilibré de la population.

Plus de 3 millions de pensionnés d'ici 2070

Les chiffres du Comité d’Étude sur le Vieillissement (CEV), dans son rapport annuel publié en juillet et discuté ce lundi dans La Dernière Heure, sont éloquents. En 2017, les 0-17 représentaient 20,3 % de la population, les 18-66 ans (soit la population active) 63,3 %, et les 67 ans et plus 16,4 %. Mais selon les projections pour 2040, la tranche 0-17 ans restera stable (20,5 %), tandis que celle des 18-66 ans chutera à 57,5 % au bénéfice des 67 ans et plus qui pèseront 22 % dans la population totale.

En d'autres mots, alors que la population totale va croître de 18,5 % entre 2017 et 2070, passant de 11.352.600 personnes en 2017 à 13.450.300 en 2070, c'est pourtant la catégorie des 67 ans et plus qui augmentera le plus. Il devrait y avoir 2.731.200 pensionnés en 2040, et un peu plus de 3 millions d'ici 2070. Soit une personne de 67 ans et plus pour 2,6 personnes de 18 à 66 ans, contre une personne de 67 ans et plus pour 3,9 personnes âgées de 18 à 66 ans en 2017.

Une espérance de vie de 90 ans en 2070

Et les choses ne risquent pas de s'arranger, puisque l’espérance de vie à la naissance des hommes passera elle de 79,1 ans en 2017 à 83,6 ans en 2040, voire 88 ans en 2070. Chez les femmes, alors qu'elle était de 83,8 ans en 2017, elle sera de 86,6 ans en 2040 et atteindra même 89,6 ans en 2070. Soit près de 90 ans !

Outre des perturbations au niveau de la pyramide des âges, ce vieillissement ne sera pas sans conséquences économiques. Alors qu'en 2017, 10,6 % du PIB étaient alloués aux pensions, ce pourcentage devrait s'élever à 13 % en 2040. L’ensemble des dépenses sociales, qui pesaient 25,1 % du PIB en 2017, passeront quant à elles à 28,7 % du PIB. Si le PIB reste en l'état, les pensions et soins de santé coûteront 93 milliards d’euros en 2040.

Et qui devra financer ce budget colossal ? Eh bien, en grosse partie, la population active. Car qui dit population plus vieille, dit inévitablement coûts supplémentaires pour la société et en même temps baisse de la croissance économique. C'est un cercle vicieux, puisque qui dit ralentissement de l'économie, dit évidemment plus de difficultés pour l'État à financer les retraites. Tu l'auras donc compris, tu as plutôt intérêt à bien cotiser de ton côté, du début à la fin de ta carrière, pour ta future pension...

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