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Midterms: Donald Trump parle d'une "énorme victoire" mais les électeurs américains l'ont bien puni

7 novembre 2018

Aux États-Unis, les midterms ont rendu leur verdict. Le parti démocrate a remporté la majorité à la Chambre des représentants pour la première fois depuis 2010. Malgré tout, le parti républicain du président Trump peut tout de même se vanter de conserver sa majorité au Sénat, et même de l'élargir. Si Trump parle "d'énorme victoire", les électeurs ont tout de même puni sa politique et ont ainsi freiné l'agenda du président. 

À environ 5 heures du matin, alors que la plupart des États de la côté ouest doivent encore rendre leur verdict, il paraît déjà clair que la majorité de la Chambre des représentants allait passer entre les mains du parti démocrate. Selon les résultats partiels, les démocrates obtiennent 219 sièges (+ 26) et les républicains 193 (- 26).

Au Sénat, par contre, ce sont les républicains qui conservent la majorité (à 51 sièges contre 49). Pour rappel, seuls 35 des 100 sièges du Sénat étaient remis en jeu dans le cadre de ces élections. 26 de ces sièges appartenaient aux démocrates et ils devaient tous les conserver et en conquérir deux de plus, une tâche qui s'est avérée bien trop dure.

Malgré des débuts prometteurs dans certains États comme le Texas où le démocrate Beto O'Rourke tenait tête au républicain Ted Cruz, il est vite devenu évident que les républicains n'avaient pas à s'inquiéter. Les défaites démocrates dans l'Indiana et le Dakota du Nord ont scellé l'issue du scrutin au Sénat.

Les conséquences pour Trump

Mais à la Chambre des représentants, c'est une autre histoire. Les conséquences d'une majorité démocrate à la Chambre pour le gouvernement Trump sont difficiles à sous-estimer. Le président a tweeté que les élections étaient un "énorme succès". Mais en fait, cela n'est pas aussi clair car même si la majorité républicaine s'agrandit au Sénat, et c'était l'objectif du président, les électeurs ont puni Donald Trump et cela va avoir des conséquences pour la suite de son mandat.

Depuis 2010, les républicains règnent en maître à la Chambre. Mais maintenant qu'ils perdent la majorité, Donald Trump va devoir coopérer avec les démocrates. Depuis son élection en 2016, il a facilement pu guider bon nombre de ses projets au parlement. Maintenant que son parti a perdu la majorité, ce sera beaucoup plus difficile. Heureusement pour Donald Trump, il garde le contrôle du Sénat, la chambre la plus importante.

Car, après tout, pour faire passer une nouvelle loi, celle-ci doit passer par les deux chambres du Congrès. Et il est peu probable que les représentants démocrates soient faciles à convaincre pour appuyer les propositions législatives du programme de Donald Trump. Au final, on risque de se retrouver dans une paralysie politique qui va compliquer la fin du mandat de l'actuel président.

Procédure de destitution possible?

Les démocrates n'ont pas caché leur intention de passer les politiques commerciales de Donald Trump à la loupe. Ils voudraient découvrir si les intérêts commerciaux de Trump ne sont pas soumis à des conflits d'intérêts puisqu'on lui reproche souvent de ne pas avoir pris assez de distance avec sa vie d'avant la présidence.

Avec cette majorité à la Chambre, les représentants démocrates auront l'occasion de convoquer des témoins et de réclamer des documents jusque-là gardés secrets par les républicains. S'ils le désirent, les démocrates peuvent même initier une procédure de destitution. Malheureusement pour eux, cela doit être approuvé par le Sénat et les républicains y règnent toujours en maîtres.

Gouverneurs

Outre les élections législatives, des gouverneurs ont également été élus dans 36 États. Les démocrates, auparavant sous-représentés, ont pu remporter des victoires importantes. Dans le Michigan, la démocrate Gretchen Whitmer a été élue, et dans l’Illinois, le gouverneur républicain en exercice, Bruce Rauner, s'est incliné face à son rival, JB Pritzker, le riche héritier de la famille derrière la chaîne hôtelière Hyatt. Au Kansas, un État rural et conservateur, la démocrate Lara Kelly a remporté le poste de gouverneur. Les républicains ont frappé fort dans l’important État de Floride, où le défenseur de Trump, Ron DeSantis, a été élu au détriment du démocrate Andrew Gillum.

"Nous en avons assez de la division"

La dirigeante démocrate Nancy Pelosi dit vouloir travailler avec les républicains alors que son parti est sur le point de prendre la majorité à la Chambre des Représentants."Nous rechercherons un intérêt commun, mais défendrons également nos points de vue si nécessaire", a-t-elle déclaré lors d'une réunion de campagne. "Nous en avons assez de la division", a-t-elle ajouté. Elle a également promis de contrer l'influence des groupes de pression: "Le Congrès deviendra plus transparent sous le leadership démocrate: le public sera en mesure de voir comment nous pouvons travailler et parler."

Dans le camp Trump, on ne compte pas accepter cet appel pour le moment. La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a déclaré que Donald Trump n'avait pas l'intention d'appeler la cheffe démocrate Nancy Pelosi. "De nombreux membres de son parti disent ne plus la soutenir, et si les démocrates l'emportent, nous devons d'abord voir qui devient leur président."

Étrangement, Pelosi a brièvement déclaré que Trump l'avait appelée pour la féliciter et qu'il aurait même déclaré qu'il soutenait son appel à davantage de coopération entre les deux partis américains.

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