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Claim The Climate était un énorme succès, 65.000 personnes ont défilé à Bruxelles, mais maintenant?

3 décembre 2018

S'il y a vraiment une thématique qui parle aux générations d'aujourd'hui, c'est le réchauffement climatique et toutes les conséquences environnementales qu'il entraîne. Le succès de la manifestation de ce dimanche en est la preuve. 65.000 personnes ont participé à Claim The Climate. Mais que va-t-il se passer maintenant?

Normalement, toutes les excuses sont bonnes pour éviter de se rendre en manif. Mais dimanche dernier, les valeurs se sont inversées. L'excuse, c'était la manif. Comme l'ont scandé une série de célébrités il y a quelques semaines, le 2 décembre, c'était "Je peux pas, j'ai climat". Et cette excuse, 65.000 personnes l'ont porté dans les rues de Bruxelles.

Venus des quatre coins du pays, ils ont attendus sur des quais noir de monde, ils se sont blottis dans des trains bondés, ils ont affronté la vieille pluie fine bruxelloise qui peut glacer le corps pendant des heures pour enfin arpenter les rues de la capitale avec leurs messages d'espoirs. Partis à 12h de la gare du Nord, ils ont rejoint le Cinquantenaire par la rue de la Loi, là où deux jours plus tôt s'affrontaient gilets jaunes, casseurs et forces de l'ordre.

Récupération politique

La date n'était pas choisie au hasard. Si la plupart des capitales européennes manifesteront samedi prochain, la Belgique a opté pour le 2 décembre, jour symbolique où débutait la 24ème conférence des Nations unies sur les changements climatiques (Cop24) à Katowice, en Pologne. Au delà de la prise de conscience publique, l'idée de cette marche était de réclamer une plus grande action de la part du monde politique.

Un monde politique qui s'est immiscé dans la manifestation, chaque parti faisant de cette lutte son combat. Les différentes ministres de l'Environnement - Marie-Christine Marghem (MR), ministre fédérale de l'Environnement et Céline Frémault (cdH), ministre bruxelloise de l'Environnement - étaient de la partie, à l'inverse de leur collègue Carlo Di Antonio (cdH). On a pu voir des membres d'Ecolo, bien évidemment. Mais également d'autres figures de l'échiquier politique, comme Paul Magnette (PS), Peter Mertens (PTB), Meyrem Almaci (Groen) ou des militants de DéFI. Toutes les couleurs étaient présentes.

Et maintenant?

La marche s'est achevée sur des danses dans le parc du Cinquantenaire. Une grande réunion pacifique que même la police bruxelloise a remerciée. Sur les 900 manifestations qui secouent la capitale chaque année, ça doit sans doute être la seule à laquelle les policiers ont vraiment pris plaisir à encadrer.

Cette manifestation, organisée par de nombreuses associations, a également reçu le soutien des transports publics, la STIB étant gratuite et la SNCB ayant émis des billets "Green" à prix réduit. C'est comme si toutes les forces de l'ordre, tous les représentants de l'autorité et le monde politique s'étaient mis au diapason, laissant leurs petites luttes de côté pour écouter les cris de détresse du citoyen.

Mais une fois que l'émotion sera redescendue, que sera-t-il fait? Va-t-on encore laisser les doutes climato-sceptiques freiner les tentatives de changement en faveur d'un avenir plus vert? Verra-t-on l'émergence d'un mouvement politique commun plus environnementaliste? Peut-on s'attendre à une réelle prise de conscience de la part de nos politiciens et voir leur présence à la marche comme l'avènement d'une mobilisation future plutôt que la découverte d'une thème ultra-vendeur? Bref, peut-on espérer que cette marche aura servi à quelque chose? Espérons le.

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