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Gilets jaunes: un "geste de détente" est attendu ce mardi de la part du gouvernement français

4 décembre 2018

Ce lundi, Edouard Philippe a rencontré les représentants de tous les partis français pour entendre leurs positions par rapport aux revendications des Gilets Jaunes. Ce mardi, le Premier ministre français va tenter de rencontrer des représentants du mouvement pour leur présenter un "geste de détente" concernant la hausse des taxes sur le carburant. 

Durant toute la journée de lundi, Edouard Philippe a rencontré les représentants des 17 partis représentés au Parlement en commençant les entrevues avec cette questions: "Quelles sont vos solutions?" Une question qui veut tout dire: le pouvoir exécutif semble décidé à apaiser les tensions pour éviter de nouveaux débordements ce week-end. Dans la soirée, une autre réunion s'est tenue à l'Elysée entre Emmanuel Macron, le Premier ministres et une dizaine d'autres ministres.

Que retenir de toutes ces entrevues? Libération annonce que la plupart des chefs de partis ont quitté Matignon convaincus de l'imminence de la suspension de la hausse des taxes sur le carburant. Le parti du MoDem a fait valoir "l'urgence" d'un "geste d'apaisement" tandis que le ministre de la Culture Franck Riester annonce qu'Edouard Philippe va "annoncer un geste d'ouverture fort dans les prochains jours". Tout semble donc indiquer que les Gilets Jaunes vont enfin être entendus dans cette crise qui a commencé le 17 novembre dernier.

Réunion ce mardi

Normalement, le Premier ministre Edouard Philippe s'exprimera ce mardi matin devant le groupe LREM (La République en Marche) de l'Assemblée Nationale avant de recevoir les représentants des Gilets Jaunes à Matignon. Mais pour le moment, rien n'assure que cette rencontre aura lieu puisque les Gilets Jaunes ne comptent pas discuter tant que la hausse des taxes sur le carburant n'est pas annulée. En tout cas, il parait clair que même dans le camp d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe, on commence fortement à douter de cette hausse des taxes sur le carburant. "Certains demandent cette pause. Cela peut être une option pour redonner un bol d’air fiscal et ouvrir le débat", reconnaît un député LREM dans Libération.

C'est déjà une petite victoire pour les Gilets Jaunes puisqu'il y a quelques semaines, ce gel de la hausse des taxes était totalement inenvisageable. Mais tout de même, rien n'est vraiment gagné puisqu'on dirait bien qu'il y a un réel clivage entre les membres de la République en Marche. "Si on lâche, il y aura d’autres gilets pour les retraites, d’autres encore pour la fonction publique", craint un autre député député. De son côté, le président du groupe LREM François Patriat estime qu'il "faut tenir la ligne pour l'avenir du quinquennat".

En retard

Le président des sénateurs socialistes Patrick Kanner pense que le gel de la hausse des taxes aurait dû être fait il y a plusieurs semaines avant que la situation ne dégénère. Ok, mais est-il possible de mettre en place d'autres mesures pour désamorcer la crise? C'est ce qu'on tente de faire au sein de la majorité. On pense même à augmenter le montant du smic, un point largement réclamé par les Gilets Jaunes. D'autres députés proposent d'appliquer toute une série de mesures sociales initialement prévues pour plus tard. Cela comprend l’exonération de la taxe d’habitation, l’augmentation de l’allocation adulte handicapés ou encore une baisse de l'impôts sur le revenu.

En conclusion, après des jours et des jours du mutisme de l'exécutif, on dirait que le gouvernement semble décidé à faire des concessions et rouvrir le débat avec les Gilets Jaunes. Mais toutes ces mesures risquent de mettre à mal la rigueur budgétaire si chère à Emmanuel Macron. Plusieurs sources gouvernementales estiment qu'il sera possible de renoncer aux 2,9 milliards d’euros de la taxe sur les carburants sans mettre en péril les équilibres budgétaires. "Pour cela, il faut accélérer la baisse des dépenses publiques. Nous sommes décidés à nous engager dans cette voie", répétait lundi matin le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. On dirait bien qu'en France on voit le bout du tunnel...et la fin des barrages.

Réunion annulée

On l'apprend aux alentours de 8h: la réunion entre Edouard Philippe et les représentants des Gilets Jaunes est tout simplement annulée. La raison? Les Gilets Jaunes ne veulent pas discuter tant que le gel de la hausse des taxes n'est pas acté. Aussi, les représentants du mouvement auraient reçu des menaces de mort par d'autres manifestants. C'est ce qu'explique la porte-parole Jacline Mouraud, sur le plateau de RMC: "La réunion d’aujourd’hui à Matignon est annulée, face aux menaces (...) Il y a eu des appels pour nous empêcher d’y aller: si je prenais le train, je courrais le risque d’être reconnu."

Elle a d'autre part assurée que lundi soir, il était toujours question de rencontrer le Premier ministre. Et justement, on dirait bien qu'Edouard Philippe va céder à la demande des Gilets Jaunes puisque l'AFP nous apprend ce mardi matin que le Premier ministre français va bel et bien annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur le carburant, ou en d'autres termes: une suspension de la mesure.

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