Nouveau coup dur pour le climat: les émissions de CO2 à nouveau en progression

6 décembre 2018

Les émissions mondiales de CO2 ont  augmenté de 2,7% cette année par rapport à l'année dernière. C'est la dexième année constitutive que les émissions augmentent. Un constat amer qui tombe en pleine COP24 en Pologne. Plus de 200 pays tentent d'y trouver des solutions pour mettre en place les Accords de Paris. Ce n'est pas gagné et la Belgique n'y aide pas.

Avant 2017, les émissions de CO2 sont restées stables pendant trois ans. Un mieux stoppé l'année dernière par une progression de 1,6% et de 2,7% cette année. C'est en tout cas ce que prévoient les chercheurs du Global Carbon Project. Il s'agit d'une organisation qui regroupe 75 scientifiques issus de 15 pays différents. Ils cartographient chaque année les émissions mondiales de CO2.

Comme causes, ils pointent la consommation de pétrole et de gaz, en particulier celui du trafic routier, des transports maritimes et de l'aviation.

Durant la période 2014-2016, le groupe de scientifiques a clairement observé un déclin après un pic connu en 2013. L'espoir de voir les émissions se réduire était alors envisageable. On fait clairement machine arrière aujourd'hui et les objectifs de Paris semblent de plus en plus compliqués à atteindre. Pour rappel, il était convenu de maintenir l'augmentation des températures mondiales en dessous des 2°C ou de préférence en dessous de 1,5°C. Pour y parvenir, on avait tablé sur une réduction des émissions de CO2 de moitié en 2030 pour arriver à zéro émission en 2050. On n'en prend clairement pas le chemin.

Si l'augmentation de l'année dernière aurait pu s'observer comme un élément ponctuel, l'augmentation annoncée pour cette année vient briser ces espoirs: "Il est clair que le monde ne respecte pas les Accords de Paris sur le climat", font savoir les scientifiques.

Chine, États-Unis et Inde

Pourtant, les scientifiques du Global Carbon Project assurent qu'une réduction des émissions de CO2 contribuerait à diminuer les phénomènes climatiques extrêmes comme les inondations, les vagues de chaleur ou la montée des eaux.

Ils viendront présenter leurs chiffres cette semaine à Katowice en Pologne lors de la COP24. Le but sera de se remettre sur les rails des Accords de Paris.

Si la Belgique tarde à s'accorder avec elle-même, figurant en queue de peloton en Pologne, c'est bien en Chine, aux États-Unis et en Inde que tout se joue. Il s'agit ni plus ni moins des plus gros pollueurs de la planète.

En Chine, les émissions ont augmenté de 4,7%, l'Inde fait pire avec 6,3% de progression. Les États-Unis font eux un bond de 2,5%. La croissance économique est repartie à la hausse tout comme la consommation de... charbon. L'Union européenne se défend mieux avec une baisse de 0,7% en moyenne. On reste toutefois loin des objectifs précités.

Avec les émissions actuelles, il y a toutes les chances que les températures moyennes dépassent les 3,5 degrés C°. Les conséquences d'une telle augmentation sont encore inconnues.

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