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Revirement à la Chambre: une majorité alternative vote un amendement pour tenter de faire plier le gouvernement

6 décembre 2018

Après une longue journée à entendre tous les députés, Charles Michel s'est finalement exprimé. Le Premier ministre a réitéré son intention de se rendre à Marrakech. Un amendement à la résolution voté mercredi a été décidé puis voté. Cette nouvelle résolution concernant le pacte migratoire a été approuvée à 107 voix contre 36.

L'ambiance était tendue ce jeudi en séance plénière à la Chambre. Des députés de chaque parti ont pris le micro pour donner leur avis sur le pacte migratoire, ce texte de l'ONU qui fait trembler le gouvernement au risque de le voir se disloquer. En début de soirée, le Premier ministre a pris la parole, réitérant son intention de se rendre à Marrakech. "Je suis Premier ministre et j’irai à Marrakech, car il n’y aura pas de siège vide à Marrakech".

Après son discours, un amendement à la proposition votée hier à la Commission des affaires extérieures a été proposé. Dans cet amendement, il y avait cette ligne: "La Chambre des Représentants demande au gouvernement fédéral d'approuver le Pacte mondial pour des migrations sûres."

Cet amendement a été voté à 107 voix pour et 36 contre. La N-VA, le Vlaams Belang, le PP, Hendricks Vuye et Veerle Wouters ont voté contre.

"À titre personnel"

En début d'après-midi, le chef de groupe N-VA Peter De Roove avait posé cette question: "Aujourd’hui, ma question s’adresse au Premier ministre, qui répondra au nom de tout le gouvernement : allez-vous, lundi, à l’endroit où vous vous trouverez, dire que dans ce gouvernement, il n’y a pas d’unanimité sur le Pacte?"

Dans son allocution devant les députés, Charles Michel a donné une réponse floue à cette interrogation. "Si ce vote intervient, c’est un signal très fort adressé par ce parlement. Il m’oblige à titre personnel, dans le respect des institutions et de la Constitution". L'expression "à titre personnel", qui semblait ne vouloir engager personne, a été mal accueilli par l'opposition. Pour le PS, la nouvelle résolution votée est "une injonction à approuver le pacte sans condition, au nom de la Belgique" et une réponse à sa réponse trop floue.

Et maintenant?

Difficile à dire comment vont se passer les choses maintenant. Une réunion du Conseil des ministres est prévue pour 10h vendredi, comme si aucune crise n'avait lieu. Pour le chef de groupe N-VA, Peter De Roover, seul le gouvernement peut avoir le dernier mot concernant le pacte. Et tout porte à croire qu'il n'y aura jamais de consensus au sein de ce gouvernement, ce qui ne fait qu'immobiliser la situation.

Le pacte n'est pas officiellement à l'ordre du jour du Conseil des ministres de demain. "Mais quelqu'un peut toujours mettre cela à l'ordre du jour", a déclaré le vice-premier ministre de CD&V, Kris Peeters.

Poignées de punchlines

Le discours du Premier ministre comprenait une série de phrases marquantes qui ont surtout eu pour effet de souligner la complexité de la situation et le manque d'envie de Charles Michel d'adopter une position claire.

"Le 12 septembre, il a été constaté dans ce processus qu'il y avait un accord pour valider ce pacte. C'est sur cette base là qu'au nom de la Belgique, je me suis exprimé à la tribune des Nations Unies. Pour dire le sentiment de la Belgique."

"La parole de la Belgique a de la valeur; mais dans ce moment de gravité, je devrai veiller au plein respect de la constitution."

"Je choisirai le camp du respect de nos institutions. Je considère que si ce vote a lieu, il est un signal très fort qui est adressé par le Parlement, le Parlement qui représente les citoyens de notre pays."

"La Constitution belge n’est pas qu'un chiffon. Cela signifie que je vais devoir faire en sorte, à Marrakech, et dans les jours qui vont suivre, de défendre ma position et ma conviction au sein du conseil des ministres."

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