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Pour Catherine Moureaux, les casses de Molenbeek auraient pu être évités avec des fêtes: le monde politique réagit

9 janvier 2019

Peut-être que des concerts auraient dû être organisés à Molenbeek le soir du Nouvel An, a déclaré Catherine Moureaux (PS), bourgmestre de la commune bruxelloise, au micro de l'émission Terzake (VRT). Car, "si nous n'organisons pas de fête, les jeunes font leur propre fête". Cette interview a fait grand bruit et de nombreuses personnalités ont depuis réagi.

Rappel des faits: la nuit du 31 décembre 2018 au 1er janvier 2019, une bande de jeunes a saccagé du mobilier urbain et pillé une pharmacie dans le quartier des Étangs Noirs, à Molenbeek (Bruxelles). Plusieurs voitures ont également été incendiées, les vitres de trois commerces ont été brisées et un immeuble appartenant à la commune a été gravement vandalisé. Ces émeutes ont choqué le monde politico-médiatique autant que les résidents molenbeekois.

C'est dans ce contexte que les journalistes de Terzake, programme d'actualité sur la chaîne flamande VRT, ont été interroger la nouvelle bourgmestre de Molenbeek, la socialiste Catherine Moureaux. Ses déclarations en ont surpris plus d'un. "Si nous n'organisons pas de fête, les jeunes feront leur propre fête", a-t-elle affirmé, indiquant que si un concert avait été organisé, les émeutes n'auraient pas eu lieu.

"Suffisamment de préparation"

Au lendemain des émeutes, le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V) avait vivement critiqué la gestion des incidents à Molenbeek et dans d’autres communes bruxelloises. La préparation et la planification avaient été très mal gérées, selon le ministre. À cela, Moureaux a répondu, au micro de la VRT, qu'il y avait eu "suffisamment de préparation".

"Il y avait quatre-vingts policiers. Il y a deux ans, au même moment, il n’y en avait que 46. Il y en a donc beaucoup plus à présent", a-t-elle affirmé. L'intervention des policiers a été, selon elle, "suffisamment efficace" que pour contrôler "la situation en 30 minutes". Molenbeek-Saint-Jean a tout de même porté plainte mardi matin contre les auteurs des dégradations commises sur le territoire de la commune.

Proposition "risible" pour Debaets

"L'analyse de la bourgmestre relève de la politique de l'autruche. Elle qualifie les scènes d'émeutes et le vandalisme de 'fêtes de jeunes', comme cela se passe aussi à l'étranger", a réagi la secrétaire d'État bruxelloise à l'Égalité des chances Bianca Debaets (CD&V). "Le remède qu'elle propose est tout aussi risible", a-t-elle ajouté, soulignant qu'il y avait déjà "des concerts pendant les fêtes de fin d'année" et un feu d'artifice gratuit.

Les déclarations de Moureaux lui ont aussi valu des réactions de la part du libéral Georges-Louis Bouchez, "cette gauche laxiste pourrait être risible mais quand elle est au pouvoir, elle est dangereuse", de la N-VA Assita Kanko, "Politique PS. Il y a du travail à faire" ou encore de la parlementaire Groen Elk Van den Brandt, "Brûler votre rue - au sens propre comme au figuré - n’est pas une fête, mais un comportement de merde".

Ce à quoi Moureaux a elle-même réagi. "Si tu regardais l’ensemble de l’intervention au lieu d’isoler la phrase qui t’arrange pour l’interpréter à ta façon. Merci", a-t-elle envoyé au Montois Bouchez. On attend maintenant les déclarations de M. De Crem, que la bourgmestre de Molenbeek espère rencontrer très prochainement.

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