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Tshisekedi devient président de la RDC: "un coup d'État constitutionnel" pour Fayulu 

20 janvier 2019

Félix Tshisekedi a été déclaré président de la République démocratique du Congo dans la nuit de samedi à dimanche. Il a remporté les élections le mois dernier, mais cette victoire a été contestée par l'opposition. Pour le candidat rival Martin Fayulu, la décision de la Cour constitutionnelle de nommer Tshisekedi à la tête de l'État relève de la fraude électorale.

Félix Tshisekedi entre dans l'histoire en tant que premier président de la République démocratique du Congo de l'ère post-Kabila. Pour l'opposition, cette victoire a été truquée. Mais la Cour constitutionnelle a mis fin à la procédure d'appel du candidat de l'opposition, Martin Fayulu, et a rejeté son recours: Tshisekedi devient donc président.

Depuis que les élections ont débuté en RDC, le pays a été plongé dans le chaos. Internet a été fermé pour empêcher le partage des résultats partiels des élections afin de ne pas modifier l'opinion des électeurs. La question demeure: les résultats en faveur de Tshisekedi sont-ils corrects?

Fraude électorale

Selon une analyse du Financial Times, le véritable gagnant est Martin Fayulu. Le journal économique britannique se base sur deux ensembles de données différents: un provenant des 40.000 observateurs de l’Église catholique et un autre plus grand. Selon ce dernier, qui reposerait sur des données de vote électronique et représenterait environ 40% de la population, ces résultats sont complètement différents.

Les résultats du Financial Times annoncent une victoire de Fayulu avec environ 60% des voix. Tshisekedi arrive en deuxième position avec 19% des voix. Il est intéressant de noter que le deuxième ensemble de données du Financial Times correspond parfaitement aux résultats officiels des élections. Des données que les autorités auraient cherché à dissimuler, selon un proche de Fayulu qui a préféré rester anonyme, ajoute le FT.

Fayulu: "Coup d'État constitutionnel"

Fayulu dénonce ce qu'il appelle un "coup d'État constitutionnel" et appelle ses partisans à manifester. Il se voit comme le seul président légitime du Congo. "Je demande au peuple congolais de ne pas reconnaître tout individu qui se prévaudrait illégitimement de cette qualité, ni obéir aux ordres qui émaneraient de lui", a-t-il asséné. "Je demande par ailleurs à l'ensemble de la communauté internationale de ne pas reconnaître un pouvoir qui n'a ni légitimité ni qualité légale pour représenter le peuple congolais."

De nombreux analystes congolais craignent que l'ancien président Joseph Kabila, qui est resté dix-huit ans au pouvoir, ne tentent d'utiliser son influence pour miner le résultat des élections et la présidence de Tshisekedi. Kabila est certainement sorti déçu de ces élections puisque son poulain, Emmanuel Ramazani Shadary, a obtenu un très mauvais score. Pour Fayulu, Kabili serait à l'origine de cette situation qu'il nomme "putsch électoral".

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